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Perception du monde: entre réalité et enchantement...
28 octobre 2011
22:12
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Cecilia
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13 septembre 2011
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Bonjour à tous !

Voici, quelques idées sur la manière de percevoir,d’appréhender,voir,comprendre le monde, certes loin d’être aboutie, étant donné que je suis à peine d’accord avec moi-même, mais, si ca vous tente, voyez quand même si vous comprenez un peu quelque chose et si vous pouvez m’aider à compléter ou corriger ma façons de voir les choses.

Il est fort possible que vous résumiez en un seul mot celui de subjectivité ce ce que je m’évertue à expliquer pas très clairement pendant pas mal de lignes. Néanmoins, je pense qu’il y a de nombreuses manières d’aborder ce sujet.

Notre vie - qu’il s’agisse de notre vie que l’on pourrait qualifier d’extérieure c’est-à-dire nos actions, nos paroles, notre comportement vis-à-vis des autres êtres vivants (végétaux, animaux, ou êtres humains) ou de notre vie intérieure qui engloberait nos pensées, notre raison, notre manière de gérer nos souvenirs, nos rêves, notre imagination - notre vie est profondément lié au rapport que nous avons avec le monde extérieur, avec ce que l’on peut nommer la réalité bien que ce terme me semble fortement à relativiser. Globalement, en excluant les éléments propres à nos vies privées, nous sommes tous confronté à une réalité similaire. Par exemple, les habitants d’une même ville ou d’une même région vont voir et fréquenter le même genre de batiments, marcher sous les même arbres, sous les mêmes cieux, croiser les même foules de gens fatigués et inquiets dans le métro et les supermarchés... Cependant, percevent-ils tous intérieurement la même réalité, les étoiles d’une nuit froide d’hiver ont-elles le même éclat pour eux, voit-ils tous la même lueur dans le regard des enfants jouant dans les parcs, la mélodie un peu triste qui s’échappe de cette vieille demeure aux fenêtre ouverte a-t-elle le même écho dans leur cœur, le vent entraine-t-il les branches des peupliers dans la même danse alors qu’ils laissent leur pensées divaguer la tête posé contre la vitre froide d’un autocar... Non bien sûr, cela semble une évidence, nous avons tous eu une éducation différente, nous sommes issus de milieu socio-culturel variés, nous avons connu des expériences, vu des lieux différents, nous cotoyons, nous aimons d’autres gens, nous avons des goûts, des lectures, des musiques de prédilection, des loisirs, des passions dissemblables qui influent sur notre manière de juger, de comprendre les choses que nous entourent. Néanmoins, si on dépasse l’idée du jugement, de la comréhension, des préférences, ect, je pense que notre manière d’appréhender, de ressentir le monde extérieur, les impressions qu’il produit sont encore propre à chaque individu.

Peut-être que je dit là des banalités mais je vais tâcher de m’expliquer plus en avant. Ainsi, les impressions, les sentiments intérieurs que nous ressentons face à tel ou tel lieu, objet, personnes, dans certaines situation ou certains lieux vont dépendre de notre intériorité. Jusqu’à là cela devrait paraitre évident : la perception du monde extérieur passe par notre être propre car ce sont nos organes sensoriels qui envoient des informations au cerveau qui va les analyser. Nous devons alors tous avoir une vision (au sens large du terme) un peu différente mais globalement similaire car nous sommes tous biologiquement semblables mais avec des capacités un peu variables. Cependant, notre manière de voir (sens large içi aussi) va aussi fortement dépendre de nos souvenirs et du rapport que nous avons avec eux (ressasement, dénégation, indifférence...) mais aussi de nos rêves, de notre imagination, de nos illusions, le tout formant une sorte de monde intérieur complexe aux liens multiples. Pour, le souvenir, c’est assez simple, tel ou tel chose, évenement va nous rappeler tel ou tel autre. La question est pourquoi, pourquoi ce détail insignifiant de ma vie que je pensait même avoir oublié revient à la surface maintenant précisément. La réponse peut très bien être parfaitement logique et scientifique : la situation présente et le souvenir présentent un point commun ce qui fait que mon esprit à fait le lien (par le biais des connexions neuronales sans doute mais je sens que si j’essaie d’aller plus en avant dans l’explication je vais raconter des betises, je vous laisserai m’explique cela). Cependant, il y arrive qu’il n’y ai aucun rapport entre les deux situations ou parfois des choses étranges se produisent, comme par exemple ressentir éveillé la même impression que nous avons ressenti en rêve, recemment ou il y fort lontemps : là encore je suis sur qu’il y à mille et une manière de l’expliquer, notamment avec la psychanalyse (on a refoulé une partie du souvenir, on refuse de voir le lien...). Néanmoins, je pense que l’apparition d’un souvenir, notamment des souvenirs fugace et imprécis, comme des impressions vagues, dépend beaucoup des différents facteurs composant notre monde intérieur (l’expression ne convient guère mais je ne trouve mieux).

En effet, je suis d’avis que la manière dont nous percevons le monde qui nous entoure est intimement liés à la part de nous même réservé aux rêves, à l’imaginaire. Un romancier a écrit « Ce sont nos illusions qui créent le monde ». On pourrait reformuler cela ainsi : ce sont nos illusions, nos rêves qui créent le monde que nous voyons, qui récréent le monde différement pour chacun d’entre nous. Nous ne voyons pas les choses telle qu’elle sont mais nous les dotons (ou plutôt pouvons les doter car je ne pense pas que cela soit systématique et encore moins chez tous les) individus d’une part de rêve, nous les enchantons s’il on me permet cette expression. Bon comment, vais-je expliquer cela ? Prenons un exemple, toujours mon même romancier dans le même roman (L’éducation d’une fée, Didier van Cauwelaert, pas forcément un grand roman philosophique et néanmoins mais porteur d’un beau message sur l’enfance la magie présente tout autour de nous), bref un moment donné le héros, créateur de jouet qui n’a jamais vraiment grandi explique au fils de l’amour de sa vie :  « N’importe quelle fille que tu rencontres peut-être une fée [...] beaucoup de fille sont des fées qui ignorent qu’elles sont magiques ». Bien sûr dans le roman, personne n’a vraiment de pouvoirs magiques, c’est le regard et l’imagination du héros qui rend certaines personnes magiques parce qu’il est capable de voir la magie qu’il y a en elles. Cela est valable pour beaucoup d’autre chose, tout je crois : c’est nous qui prêtons magie, mystère et beauté aux choses et aux êtres du monde ou plutôt qui choisissons ou pas de voir la magie le charme qu’il y a elle C’est nous, par le biai de notre monde intérieur, qui créeons notre propre réalité, plus vraiment réelle mais enchantée.

Puissiez vous me pardonnez si j’en revient encore et encore à Tolkien mais il avait des idées que je trouve  très intéressantes à ce sujet. Il inscrivait son œuvre dans la mythopoeia (genre auquel appartiennent d’ailleurs aussi certains écrits de Lovecraft, au dire de Wikipédia, soi dit en passant pour les admirateurs...) c'est-à-dire la création volontaire d’un mythe ou d’une légende dans une œuvre d’art. Dans un poème du même nom, Tolkien prend la défense des contes de fée et des légendes, le dédiant « To one who said that myths were lies and therefore worthless, even though 'breathed through silver ». Pour lui, les légendes et les mondes imaginaire sont la manifestation d’un sentiment d’émerveillement face au monde ordinaire et quotidien. Les mythes et la fantasy sont de révélateurs de la « lumière vivante » présente en chaque chose et rendent donc le monde qui nous entoure, la réalité « d’autant plus lumineuse ». Donc, le monde des mythes ne serai pas seulment celui des créatures magiques comme les dragons ou les elfes mais aussi et surtout celui des hommes lorsque, enchantés ils voient au-delà du monde matériel. Ainsi, il y aurai quelque chose de véritablement magique et miraculeux dans la vie et que nous oublions seulement parfois de voir, que nous refusons de voir...

Je pense que le fait que non pouvons ou pas voir de la magie, de la beauté dans les choses du monde qui nous entoure, et que les individus, selon leur propre imaginaire, leur propre part de rêve, voient cette beauté, cette grâce inexplicable dans des êtres et des choses différentes peut être une manière d’appréhender le vaste mystère du sentiment amoureux. En effet, tomber amoureux n’est ce pas voir au-delà de l’être aimé ou plutôt de le voir vraiment et non pas seulement l’image qu’il renvoit dans la réalité, cette image que tous voient sans vraiment regarder ? On dit souvent que l’amour rend aveugle, je ne suis pas d’accord l’amour lève le voile et révèle la vrai beauté , la vrai grâce, magie d’un être au yeux de celui qui l’aime. Bon, si on reprend ce que j’ai dit au-dessus, on pourrai arriver à une conclusion étrange que ce serai nous même, qui a l’instar de ce que nous faisons avec la réalité recréons l’être aimé en le dotant de magie, l’amour ce fait devenant une illusion. En fait, il s’agit plutôt de redonner aux choses, en l’occurrence à l’aimé(e) la beauté, le charme,dans tous les sens du mot, qui se trouve en son sein. En outre, le monde à travers nos yeux n’est t’il pas tout entier une sorte d’illusion, d’enchantement de nos sens ? Ce n’est pas car nous sommes sous l’effet d’un charme, qu’il soit amoureux, musicale, poétique, ect, que ce que nous ressentons n’est pas vrai...  

Les idées que j’ai exposé un peu plus haut concernant le fait que nous recréons notre propre réalité en l’enchantant sont d’une certaine manière relié à  un concept du sociologue allemand Max Weber connu sous le nom de « désenchantement du monde » et qui pourrai être défini comme le déclin du religieux et plus généralement des croyances au profit de la raison et de la rationalité scientifique et technique. Il affirme en effet que l’intellectualisation et la rationnalisation croissantes signifient qu’il n’y en principe aucune puissance mystérieuse et imprévisible qui interfère dans le cours de la vie et que nous pourrons maîtriser toute chose par la prévision. Mais cela revient à désenchanter le monde. » Ce désenchantement s’accompagne pour lui d’une perte de « sen »s, le terme se rapportant ici aux croyances transcendentes et aux mythes fondateurs.

On s’éloigne un peu de mon idée sur la perception du monde et de la réalité mais je pense que c’est néanmoins un peu relié. Je me suis fait récemment la reflexion que nous vivons, je pense, dans une des premières époques depuis le début de la civilisation humaine à être dépourvue de mythes, de légendes. Peut-être que cela vous semble être un détail mais je pense que cela fait une grande différence, qu’aurait été l’histoire, l’art, ma littérature sans les mythes ? Depuis les premières civilisations des légendes traversent les âges et les lieux, toute différence mais avec des histoires communes. Pensez notamment à Orphée et Euridice que l’on trouve, encore que ce soit l’amante qui désire sauver son bien-aimé de la mort, pour la première fois il y cinq mille ans dans la légende mésopotamienne d’Iana, puis dans le mythe d’Astarté la Babylonienne, puis dans celui d’Ishtar l’Assyrienne, puis avec Isis l’Egyptienne et enfin Orphée...( et que Tolkien reprend avec Beren et Luthien dans sa mythopoeia). Et aujourd’hui, des milliers d’années de tradition vont-elles s’éteindre ? Nous ne pouvons le savoir... Je pense néanmoins que cette perte du sacré, de sens comme dit Weber, influe beaucoup sur notre manière de voir le monde. Cependant, peut-être que la littérature, le cinéma, l’art vont prendre le pas sur le mythes et créer leur propre légende ? Ou encore, ce que je n’exclue pas, la science bien que rationnelle contient-elle en elle-même sont propre enchantement, constitue à elle-même une forme de nouvelle croyance, de nouvelle légende qui va parcourir les siècles ?

Merci à ceux, s’il y en a, qui seraient aller jusqu’au bout de ce long texte qui, j’en convient ne doit pas être très compréhensible...

29 octobre 2011
00:48
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Vincent
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19 août 2011
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Infiniment heureux de te lire ! D'autant plus que je cherche désespérément quelque chose à réfuter ou discuter, mais je dois bien me faire à l'idée que je suis entièrement d'accord avec ce que tu dis.

 

Ce n’est pas car nous sommes sous l’effet d’un charme, qu’il soit amoureux, musicale, poétique, ect, que ce que nous ressentons n’est pas vrai…

Je ne dirais pas mieux. En fait il me semble que toute ta description de ce "monde intérieur complexe" correspond à ce que j'ai l'habitude d'appeler la réalité subjective  -qui n'a rien d'antinomique, non. Je ne vais pas jusqu'à nier l'existence d'une réalité qui serait elle objective, régie par un certain déterminisme, mais je vois, en parallèle, une multitude d'autres réalités propres à chaque être. Et si, en définitive, on ne fait jamais l'expérience de la vérité objective, telle quelle, pour ainsi dire "nue", notre monde se limite quant à lui à notre perception, notre imagination, etc. Une subjectivité peut-être basée sur un socle davantage tangible, universel, mais en quelque sorte "déformé" par chacun d'entre nous.

L'idée peut rebuter certains, paraître évidente pour d'autres. Une évidence sur l'idée superficielle, sûrement, mais elle implique en fait quelques subtilités. Le concept de réalité subjective peut se délester de toute rationalité sans pour autant perdre de sa vérité. Ça me semble être une propriété incontournable pour s'entendre soi-même, une étape préalable à tout travail d'introspection, où l'on comprend que tout ce qui compose notre monde, notre esprit, sans exception, du plus rationnel au plus fou, doit être pris au sérieux dans cette auto-réflexion.

 

Je crois en outre que ce "monde intérieur complexe" est plus ou moins l'explication approfondie de la "réalité subjective".

Merci à toi !

 

Du coup, j'hésitais, mais maintenant c'est plus possible. Je m'en vais exposer aussi une petite théorie personnelle -finalement assez liée à ce que tu écris ici.

30 octobre 2011
02:07
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Alexandre
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29 août 2011
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Ahah ! Excellent ! Vous croyez que le 28/10/11 a réellement été un tournant dans les consciences ? Moi oui !

Je suis content que les points de vue convergent.

Je veux juste ajouter (à ce post et celui initié par Vincent sur la transcendance) qu'effectivement, relier deux points (par la pensée) de façon logique implique nécessairement de passer par beaucoup (un infinité ?) d'autres points, dont les liens sont moins évidents.

 

(mince, avec le changement horaire, ce post apparaît comme ayant été posté avant celui du post sur la Transcendance…c'est bien l'inverse…sinon ce message est plus que bizarre…)

31 octobre 2011
01:41
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Vincent
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19 août 2011
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Je veux juste ajouter (à ce post et celui initié par Vincent sur la transcendance) qu'effectivement, relier deux points (par la pensée) de façon logique implique nécessairement de passer par beaucoup (un infinité ?) d'autres points, dont les liens sont moins évidents.

Et du coup, pour aboutir à cette conclusion, tu as dû passé par beaucoup de points aux relations incertaines, ce qui pourrait invalider le principe même que la logique est bancale... Laugh Un peu abyssal !

 

(mince, avec le changement horaire, ce post apparaît comme ayant été posté avant celui du post sur la Transcendance…c'est bien l'inverse…sinon ce message est plus que bizarre…)

Ça c'est vraiment excellent Laugh ! C'était une improbable distorsion de l'espace-temps...

 

Cependant, peut-être que la littérature, le cinéma, l’art vont prendre le pas sur le mythes et créer leur propre légende ?

D'où mon post : il y a dans l'art en général une certaine propension à créer le rêve, susciter l'imagination ; disons, plus clairement, à suggérer (c'est ce qu'on disait un peu Samedi chez Marie). En bref, à transcender l'âme humaine, comme les légendes ou mythopoeia le faisaient avant, en un sens.

 

Ou encore, ce que je n’exclue pas, la science bien que rationnelle contient-elle en elle-même sont propre enchantement, constitue à elle-même une forme de nouvelle croyance, de nouvelle légende qui va parcourir les siècles ?

Encore une fois, observé à travers le prisme de la transcendance, c'est tout à fait ça. Ce qui transcende Alexandre, c'est la compréhension de l'univers, la mathématisation de toute chose. Ce n'est pas parce que le rêve -au sens de l'imaginaire- a une place moins importante dans cette vision du monde qu'il n'a pas pour autant accès à l'extériorisation de son âme. Et en un sens, oui, il croit en la science ; ce n'est pas une foi spirituelle, mais il s'y abandonne entièrement.

J'espère que je ne te psychologise pas trop, Alexandre ^^ .

2 novembre 2011
00:04
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Alexandre
Kaysersberg
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29 août 2011
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Encore une fois, observé à travers le prisme de la transcendance, c'est tout à fait ça. Ce qui transcende Alexandre, c'est la compréhension de l'univers, la mathématisation de toute chose. Ce n'est pas parce que le rêve -au sens de l'imaginaire- a une place moins importante dans cette vision du monde qu'il n'a pas pour autant accès à l'extériorisation de son âme. Et en un sens, oui, il croit en la science ; ce n'est pas une foi spirituelle, mais il s'y abandonne entièrement.

J'espère que je ne te psychologise pas trop, Alexandre ^^ .

 

Héhé… Aristote te dirait que tu ne vois en moi que ton propre reflet.

…mais quoi que puisse en dire Aristote et toute le philosophie…il n'est rien d'égal à la science…  bien qu'en ce moment, je sois un peu en froid avec la science classique, si tu vois ce que je veux dire ^^

2 novembre 2011
00:23
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Vincent
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Possible, fort possible. Je disais justement, en parlant des transcendances :

Peut-être ce système est-il applicable de manière générale ; sans doute ne l’est-il pas.

C'est ce que je me disais en te prenant comme exemple : je suis en train d'appliquer quelque chose que j'ai découvert en moi, mais à une autre personne, alors qu'au fond rien ne me dit que ce système est universel...

Finalement, je n'sais pas ; dites-moi !

 

Je pensais à l'idée d'enchantement, cette après-midi, et je me suis demandé : tout comme à l'absolu il y a le néant, ou à l'expansion de l'univers sa division infinie, n'y aurait-il pas une manière de percevoir, appréhender, voir, comprendre le monde s'opposant à l'enchantement ? Comme... le cauchemar ?

Je me disais surtout ça en pensant à la Mythopoeia ; certes la cosmogonie de Lovecraft y correspond tout à fait, mais plutôt qu'un enchantement, on aurait davantage affaires à un désenchantement, si je puis dire.

2 novembre 2011
00:37
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Marie
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Cécilia, je suis honorée d'écrire mes premiers balbutiements sur un post si enchanteur! ça doit faire une demi-heure qu'on s'est quittées et je retrouve avec enthousiasme tes jolies "théories" :)

Après ce début un tantinet pompeux, je vais peut-être rentrer dans le vif du sujet! Bon déjà je trouve que ton discours est quand même assez clair, malgré tout ce que tu peux en dire. Comme Vincent, je crois que je suis à peu près d'accord avec tout ce que tu écris, pour l'instant en tout cas. Je dis pour l'instant, parce que je me place du coté de ma propre expérience, et que celle représente tout mon "temps vécu" à ce jour mais pas la part de toute la potentialité de ce que j'ai encore à vivre (j'espère que c'est compréhensible). Il y'a notamment quelques points qui me parlent plus que d'autres (toujours en rapport avec ma propre expérience):

 

"c’est nous qui prêtons magie, mystère et beauté aux choses et aux êtres du mondeou plutôt qui choisissons ou pas de voir la magie le charme qu’il y a elle."

Cela j'en était déjà convaincue avant, mais je l'ai pleinement compris et intégrer lors de mon expérience avec Alexandre l'été dernier ( avis aux administrateurs, est-ce que j'ai le droit de nommer certaines substances que l'on pourrait qualifier d'illicites? ) et je le relie énormément à la nature (je t'en avait parlé d'ailleurs je crois). Ce jour là, j'ai eu l'impression, la sensation véritable que la beauté de la nature se révélait à moi dans son intégralité, j'était omnubilée par mes mains, une plume, les feuilles mortes, les nuages...et notamment par les couleurs. L'expérience "terminée" je me suis rendue compte que cette beauté était là en permanence, et qu'il suffisait de le savoir, et de vouloir la voir pour qu'elle se révèle à nouveau dans son intégralité. Comme si j'avais découvert l'existence d'une porte cachée en moi, et qui (j'en suis convaincue) existe en chacun, et qu'on m'en avais confiée la clé. Cette clé j'ai décidé de la garder, et cette porte je peux l'ouvrir quand bon me semble, ou elle s'ouvre d'elle-même magiquement, à l'improviste et m'inonde de beauté/lumière ( là Cécilia j'ai envie de te parler de ma fameuse "vague des sentiments" qu'il faudra que je détaille pour les autres dans un post à part).

 

"la science bien que rationnelle contient-elle en elle-même sont propre enchantement"

ça aussi j'en suis convaincue, et d'ailleurs je ne vois pas pourquoi le fait que la science soit rationnelle fait qu'elle ne mènerait pas à un émerveillement certain. Cet émerveillement je le retrouve dans la biologie/biochimie, si tu avais pu voir ma tête et mon état d'ébullition quand j'ai vu le coeur d'une huitre battre, ou quand tu vois comment une plante fonctionne! pour moi c'est vraiment littéralement magique! Et la magie me mène à l'émerveillement :) Après, c'est vrai que c'est toujours une question de subjectivité, les exemples que je viens de donner me mène à l'émerveillement laisseront d'autres complètement indiférents, et de même je serai paut-être indiférente à la source de leur propre enchantement, ce qui appuie encore la théorie de la "réalité subjective" poue reprendre tes termes Vincent.

 

Pour répondre à Vincent aussi, quand tu dits :"mais je vois, en parallèle, une multitude d'autres réalités propres à chaque être." ça me fait fortement penser à la théorie des univers/mondes multiples et adjacents que l'on peut retrouver dans plusieurs livres/mythes. Quand je dits ça, je pense à une trilogie fantasy en particulier et qui m'a beaucoup plue: " A La Croisée des mondes". Bref, peut-être que ces mondes intérieurs propres à chacun, ces réalités propres à chaque être, sont des petits univers à part entière? Et si l'on garde l'hypothèse que  notre univers (dans le sens plus cosmique cette fois) est compris dans un ensemble, une infinité d'autres univers, alors est-ce qu'on ne rejoint pas ta théorie des fractales, Alexandre? Je m'aventure en terrain dangereux ici, ce ne sont que des suppositions, et je n'ai pas encore lu ton topic sur les fractales justement mais c'est ce que ça m'inspire!

 

Sur ce, je m'en vais complèter un peu plus mon petit univers à moi avec les rêves que cette nuit voudra bien m'apporter!

2 novembre 2011
00:38
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Alexandre
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Je dirais simplement que le pendant de l'enchantement (pour moi) est l'habitude : tu vois les choses sans les voir, la vie est morne, plate, sans surprise. Le cauchemar quant à lui pourrait même être en quelque sorte un enchantement dans le sens où tu découvres une situation nouvelle, même baignée par la peur. A moins que tu considères cette vie morne comme un cauchemar...

2 novembre 2011
00:48
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Marie
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Mince, je viens de voir ton dernier commentaire Vincent, et je trouve ça pas bête du tout. Toujours par expérience, parfois je suis dans un état un peu bizarre et plutôt désagréable. J'ai l'impression d'être enfermée dans mon monde intérieur et de ne pas pouvoir faire le pont avec la réalité, mais celà de façon négative. C'est comme si tout était flou autour de moi, et je ne peux pas me concentrer/me contenter de mon univers, puisque le fait de savoir que je n'appréhende pas totalement la réalité m'omnubile et j'ai comme l'impression de couler/ d'être emprisonner en moi-même, etouffée par mes propres pensées... Bon, après, je suis myope et je ne mets pas mes lunettes, ce qui peut expliquer le flou, mais je ne pense pas que ce soit vraiment la seule explication.

2 novembre 2011
01:27
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Vincent
Illhaeusern
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L'expérience "terminée" je me suis rendue compte que cette beauté était là en permanence, et qu'il suffisait de le savoir, et de vouloir la voir pour qu'elle se révèle à nouveau dans son intégralité. Comme si j'avais découvert l'existence d'une porte cachée en moi, et qui (j'en suis convaincue) existe en chacun, et qu'on m'en avais confiée la clé.

Oui, c'est exactement ça. On peut penser qu'il est ardu de parvenir à percevoir l'enchantement du monde pour la première fois, mais qu'il en devient une évidence par après. Ça doit passer par une expérience particulière, une Révélation, une transcendance singulièrement puissante... qui propulse l'être dans une vision nouvelle du monde, laquelle devient par la suite beaucoup plus aisément atteignable.

 

Alexandre --> de prime abord, l'habitude semble effectivement mieux correspondre. Pour autant, le cauchemar, sans être morne ou trop matériel, ne sublime pas la beauté, ne nous émerveille pas. J'aurais donc plutôt tendance à voir l'habitude comme un état neutre, et à opposer le monde-cauchemar, oppressant, terrible, au monde-enchantement, lumineux et serein.

 

Bon, après, je suis myope et je ne mets pas mes lunettes, ce qui peut expliquer le flou

A ce propos, il y a une chose que j'ai pris l'habitude de faire pour enchanter mon "monde subjectif" : enlever mes lunettes... Bon, le fait est que si je ne les met pas, je n'ai pas juste une impression de flou, je reconnaitrais même pas Noé avec sa chemise arc-en-ciel et sa fender à un mètre de moi. Du coup, lorsque je suis en forêt, ou quand je regarde le ciel, j'adore ôter tout artifice à ma vision (ce que sont finalement les lunettes ou les lentilles), et lorsque les couleurs s'y prêtent, je découvre comme un tableau d'impressionniste juste là, sous mes yeux, et où que je me tourne. C'est assez magique comme sensation. Du Monet, grandeur nature...

2 novembre 2011
20:54
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Marie
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 "C'est assez magique comme sensation. Du Monet, grandeur nature…"

Ah! Un génie de la peinture en devenir!? En tout cas cela doit surtout être beau en forêt, et encore plus à cette époque de l'année. En tous les cas, je te soutiens dans ton déploiement néo-impressioniste!

4 novembre 2011
22:19
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Captain-Spartakus
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bondour !Je viens apporté un brin de folie a cette article poétique et vachement simpa!

Pour commencé ,je suis d'accord avec vous: nous percevons le monde non pas tel qu'il est mais tel que nous le voyons ,chacun selon sa personnalité et son "handicap"( pour vous , Vincent et Cécilia).

Partant de se constat, je suis aussi d'accord qu'il n'appartient qu'a nous de ré-imaginé le monde ,par exemple la vision des vosges depuis les collines me fait toujours pensé a Tolkien et a la terre du milieu .

J'aimerai ajouté également les réflexion de Tolkien sur les contes de fées dans "Faerie"(que je dois passé a Cécilia ...):

Selon lui,les contes de fées ne son pas seulement une histoire avec des fées ou des créatures fantastique.Pour Tolkien,les contes de fée se caractérise principalement par la magie ,qui est source d'émerveillement par sa réponse a deux désir humains:pouvoir rompre avec l'espace-temps(le héros qui passe une vie en faerie et qui se réveille sur terre le matin, les mondes secrets caché au yeux des mortels ,...) et pouvoir être en communion avec d'autre être vivant ,qu'ils soient humanoïdes et fantastique, ou naturel, comme les arbres ou les animaux( d'ailleurs les arbres et les animaux ne parle pas dans les contes de fées , se sont les hommes qui parle leur langage, se qui s'oppose au fable qui met un déguisement d'animaux sur des êtres humain)

Tolkien insiste d'ailleurs sur le fait que le conte de fée ne vise pas a inventé un autre monde, mais a transformé le notre (et donc a le voir autrement: l'église de hunawir me fait pensé a minas-tirith en plus petitLaugh)

Tolkien fait également une forte distinction entre imagination et le rêve :l'imagination ,la fantaisie est une activité rationnelle, auxquels s'opposent le rêve , qui est irrationnelle( en sommeil profond , car il peut être le moteur de la fantaisie en état semi-éveiller)

D'ailleurs Lovecraft ,pour réaliser ses horreurs fantastiques, allait se promener dans les futurs décors de ses nouvelles.Il dit également que pour etre un auteur fantastique ,il faut d'abord etre un auteur réaliste.

Je commence a m'égaré, et je vous laisse donc avec mes élucubrations sur deux auteurs fantastiques dont je suis fan (mais pas au point de Noé avec Jimi Hendrix ou d'Alex avec Nassim Harramein Laugh)

 

A plus!

14 juillet 2016
17:13
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Vincent
Illhaeusern
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Un passage en introduction d'un bouquin que je suis en train de lire :

"On entend souvent dire qu'il faut écrire sur ce qu'on connaît, mais je me suis aperçue que c'était beaucoup plus difficile que d'inventer. Il est plus facile de faire des recherches sur une période historique que sur sa propre vie, et beaucoup plus aisé de traiter de choses qui ont moins de poids émotionnel et vis-à-vis desquelles vous aurez plus de détachement. Le conseil est donc mauvais ! C'est pourquoi vous constaterez qu'il n'existe pas de lieux tels que les vallées galloises, pas de charbon dans leur sous-sol ni de bus rouges qui les sillonnent ; il n'y a jamais eu d'année 1979, d'âge tel que quinze ans et de planète comme la Terre. Mais les fées sont bien réelles."

Morwenna, Jo Walton

C'est peut-être un peu plus lourd de sens à la lecture du roman, qui est davantage sur la science-fiction que de la science-fiction lui-même d'ailleurs, mais ça reste de belles paroles. La réalité subjective sera toujours bien plus facile à croire que celle déshumanisée qui nous entoure.

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