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La drogue, halte aux préjugés, place à l'information
19 novembre 2011
20:18
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Alexandre
Kaysersberg
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29 août 2011
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Salut !

 

Allez, je suis motivé, un petit sujet épineux : la DROOOOOOGUE (dit avec des yeux délirants, les pouces sur les tempes et les mains qui s'agitent à la Gad Elmaleh ^^)

 

Bon, avant tout, je veux juste préciser qu'il n'est pas nécessaire de continuer la lecture si vous n'êtes pas posé, pressé par le temps, etc. Je ne voudrais pas que mes dires soient sujets à des interprétations erronées et potentiellement dangereuses. Donc si vous n'avez pas vraiment le temps, inutile d'essayer de lire cela en diagonal, attendez le prochain week-end. Merci.

 

Pourquoi aborder ce sujet ?

 

Ensuite, avant d'entrer dans le vif du sujet, pourquoi parler de la drogue ?

Dans notre logique libertaire, la drogue est un sujet très intéressant d'application de nos idées :

Les substances considérées comme drogues sont pour la plupart prohibées ou tout du moins très contrôlées dans beaucoup de pays.

En tant que contrainte au même titre que les lois et autres règles, il convient pour toute personne en quête de liberté de comprendre les causes de cette prohibition, les assimiler et puis s'en délester si elle n'est plus nécessaire, avec le lot de préjugés qui vont avec.

 

Pour illustrer cela, je prendrais l'exemple de l'enfant auquel on interdit de traverser la route. Jusqu'à un certain âge, il n'est pas en mesure de comprendre, ou d'assimiler le pourquoi de cet interdit. Mais en grandissant, il lui est enseigné le fait qu'il faille donner la main à ses parents, puis regarder à gauches, à droite, puis à gauche à nouveau avant de traverser…etc jusqu'à ce qu'il soit capable de traverser seul.

 

Ces dernières années certains gouvernement on été menés à reconsidérer la position de prohibition et de désinformation autour de ce sujet, simplement parce que cette politique ne semble plus efficace. Mais elle était réellement nécessaire : lorsque le phénomène de la drogue à commencé à se répandre dans le monde, la population n'était pas instruite des dangers que certaines substances pouvaient représenter, la prohibition est donc la mesure la plus simple et efficace : on s'adresse à la population en lui disant « la drogue présente un danger important » comme on le dirait à propos de la route pour un jeune enfant, justifiant l'interdit.

 

Sauf que le prochain stade n'est pas un mince affaire, car la drogue est un très très vaste et complexe sujet, même parfois flou. C'est pourquoi je vais tenter dans ce post de disséquer le sujet, en tout cas ce dont j'ai connaissance et fragmenter le problème.

 

Difficulté de la définition

 

Commençons par un définition de la drogue. Je crois que simplement sur ce problème, il y a moyen de débattre pendant des heures, écrire des milliers de lignes, etc. Disons qu'on peut associer à ce terme l'idée de danger, de dépendance, de modification de l'état d'esprit. Mais ça reste très vague. Peut-on dire que les jeux vidéos sont une drogue ? Le nutella ? Le sexe ? Nous allons restreindre le sens du terme à celui de substances potentiellement dangereuses par son action psychotrope. Et même dans ce cas, l'attribution du terme « drogue » à certaines substances peut-être très divergente selon la culture considérée.

 

Pourquoi y a-t-il tant de problèmes avec les drogues ? Il n'y a pas de problème d'ingestion de lessive par exemple (à part peut-être dans le cas de suicides), alors que la lessive est hautement plus dangereuse que la plupart des drogues. Eh bien simplement (j'espère que je ne vais pas choquer, mais c'est logique) parce que (je pèse mes mots) l'on peut tirer un certain bénéfice de l'utilisation de drogues, mais qu'une mauvaise utilisation aboutit facilement à des conséquences désastreuses.

 

Le danger de la drogue réside donc en fait dans l'utilisation qu'on en fait. Encore une petite métaphore : un voiture, c'est très pratique quand on sait s'en servir, mais pour pouvoir jouir de cet outil en toute sécurité, pour soi et pour les autres, l'on doit passer par toute une phase d'apprentissage. Maintenant, imaginons que l'utilisation de la voiture soit non enseignée et interdite…quelqu'un qui voudrait en user, outre le fait qu'il soit dans l'illégalité, peut adopter plusieurs comportement : il peut essayer de se renseigner et commencer à conduire un tracteur à 20km/h dans des petits chemins de campagne pour apprendre et se familiariser avec l'outil, ou à l'autre extrême, commencer à conduire une F1 en haut d'un col, et là le risque de crash est infiniment plus important.

 

Eh bien pour la drogue, c'est pareil. Exemple d'utilité des différentes drogues : un blessé grave, arrive en urgence à l'hôpital, je pense qu'il serait bien heureux d'avoir accès à une piqûre de morphine, contrôlée dans un cadre médical strict, et heureusement c'est le cas en France. Autre, exemple : la fin de semaine approche, il reste quelques examens mais la fatigue se fait intense, une tasse de café de temps en temps peut-être très utile.

Au contraire, l'utilisation de ces mêmes substances peuvent perdre de leur intérêt, voire même devenir dangereuse : si l'on consomme plusieurs cafés par jour, arrive un moment où il n'y a plus d'effet positif et on peut arriver jusqu'à ne plus pouvoir s'en passer sous peine d'avoir l'impression d'être crevé tout le temps. Pareil pour la morphine, sont utilisation intempestive peut causer rapidement une addiction et pourquoi pas une overdose.

 

Alors je vais essayer de détailler ici les principaux paramètre qu'il faut connaître avant d'envisager l'utilisation d'une quelconque substance, à savoir, légalité, toxicité de la substance pure, éventuelles additifs, forme, dose et mode d'administration, tolérance, dépendance, origines, histoire, et enfin, les effets.

 

Statut légal :

 

Je crois que c'est le premier aspect auquel il faut s'intéressé. En effet, beaucoup de drogues sont illégales, donc toute utilisation doit impliquer une prise de responsabilité et le fait d'assumer pleinement son acte, ainsi qu'adapter le contexte de la prise en conséquence (on peut à la rigueur fumer un joint en plein centre-ville de Lisbonne, aux heures de pointe même, mais pas à Paris, ou alors, ce ne serait pas très malin).

Mais il faut savoir que toutes les drogues ne sont pas illégales, comme le tabac ou l'alcool ou le cannabis dans certains pays, et certains ne sont même pas (ou presque pas) contrôlés, comme le thé, le café, la plante Salvia divinorum, ou le cactus Trichocereus panachoï. Evidemment, absence de législation pour certaines substances ne signifie pas innocuité de la substance.

 

Le statut illégal d'une drogue peut être le premier facteur de danger. Pour illustrer cela, on peut prendre l'exemple d'experts qui en sont déjà arrivé à reconsidérer le statut de la cocaïne car la part des usagers parvenant à contrôler leur consommation subit tout de même de fortes contraintes, rejets voire isolements dans le milieu social ou familiale.

 

La substance, pure

 

Viens ensuite les caractéristiques physico-biochimique de la substance en elle-même. (Je vais essayer d'occulter les effets recherchés pour en parler plus tard.) :

 

Toxicité :

 

Il est, je pense, primordiale d'avoir une idée de la LD50, c'est-à-dire la dose létale moyenne dans 50% des cas, pour prévenir du risque le plus immédiat lors d'une administration d'une drogue : l'overdose, pouvant entrainer la mort.

 

Voici quelques exemple de ratio entre la LD50 et la dose « normale » en moyenne (plus ou moins de mémoire pour certains) :

 

THC (un composé principal du cannabis) : 30 000 X la dose normale

Caféine, Théine : 200 X

LSD : 4900 X

Psilocine (dans certains champignons) : 980 X

Ethanol (alcool) : 10 X

Nicotine : 50 X

Cocaïne : 10 X

Héroïne : 5 X

 

On a déjà un aperçu de drogues dont le dosage n'est pas à prendre à la légère !

 

Il est aussi important de savoir quel organe est sollicité (ex : foie pour l'alcool, poumons pour toute chose fumée, etc).

 

Encore une petite chose : il existe un gros préjugé sur le fait que les drogues soient neurotoxiques, c'est-à-dire qu'elle provoque la mort neuronale. Si une drogue est effective, c'est que la molécule a une structure proche ou de celle de certains neurotransmetteurs (produits naturellement et permettant la communication d'un neurone à l'autre), lui donnant ainsi la propriété d'imiter son effet ou de le bloquer en se fixant sur certains récepteurs. Ainsi, la substance est rarement toxique en elle-même. Exception faite de l'éthanol, qui est une molécule beaucoup plus petite, et qui peut par exemple s'insinuer à l'intérieur de certaines cellules et causer certains dommages.

Par contre, certaines drogues peuvent être toxiques indirectement : les drogues stimulantes peuvent causer une fatigue excessive, ou une crise cardiaque, les « dépresseurs » tels que l'héroïne, une insuffisance respiratoire et donc une mort des neurones…

 

Durée des effets :

 

Ensuite, il peut être intéressant de se pencher sur la durée de demi-vie de la substance dans le corps, ou au moins à la durée des effets, qui sont extrêmement variables :

 

La durée des effets peut s'échelonner, à ma connaissance, entre 1 minute et 40 heures selon la substance et le dosage, la « monté » des effets peut advenir entre quelques secondes après la prise jusqu'à 2-3 heures après, et la « descente » peut durer de quelques minutes à quelques jours.

→ encore un point très important, il paraît évident qu'il faudra prendre des dispositions différentes en fonction de la durée des effets.

 

Effets indésirables :

 

Certaines substances peuvent provoquer certains symptômes indésirables, avant, pendant, ou après les effets, comme : 

 

- crampes

- yeux rouges

- nausée

- troubles intestinaux

- démangeaisons

- bouche sèche

- mydriase

- etc…

 

Ces symptômes peuvent être évités ou atténués de différente manière (avec des plantes médicinales, médicaments ou même d'autres drogues aux vertus thérapeutiques). Par exemple, le THC est un anti-vomitif très puissant, prendre une tout petit peu de cannabis lors d'une prise éprouvante gastriquement parlant permet d'éviter les nausées et maux de ventre.

 

Eh oui ! Certaines drogues n'ont pas qu'un intérêt psychotrope. Le Cannabis est le meilleur exemple puisque ces applications médicales sont très importantes : un simple copié/collé de Wikipédia me donne ces exemples :

 

- analgésiques : malades en phase terminale et pour les douleurs chroniques résistantes aux traitements traditionnels ;

- relaxantes et somnifères : malades en phase terminale, troubles du sommeil ;

- anti-spasmodiques : sclérose en plaque, épilepsie ;

- anti-vomitives : traitement des effets secondaires de la chimiothérapie ou d'autres traitements lourds ;

- stimulant l'appétit et redonnant l'envie de manger : lutte contre la cachexie (maigreur extrême) et favorise la prise de poids ;

- broncho-dilatatrices : asthme ;

- anti-inflammatoires ;

- anti-psychotiques : traitement alternatif de la Schizophrénie ;

- anti-depresseur ;

- anxyolitiques ;

- sédatives ;

- vaso-dilatatrices : glaucome, migraines.

 

On peut aussi citer la plante de Coca, contenant, certes, de la cocaïne, mais aussi plusieurs centaines d'autres alcaloïdes aux propriétés médicales connues depuis des siècles et des siècles.

Il paraît aussi qu'un verre de vin par jour préviendrait de certains problèmes cardio-vasculaire.

Bref, on s'éloigne du sujet principal…

 

Contre-indications :

 

Avant de prendre une drogue, il faut s'assure qu'il n'y ait pas de contre-indications (comme pour certain médicaments) :

 

Pour les plus générales :

 

prises de médicaments ou autres drogues dont la combinaison peut être dangereuse, voire simplement mortelle - grossesse

- conduite nécessaire, ou maniement d'autres engins, machines

- troubles mentaux (pour les drogues dites psychédéliques), pouvant s'aggraver

- etc…

 

Forme, origine et éthique :

 

Les drogues sont rarement consommées sous forme pure (qui est en général cristalline), ainsi, il faut s'assurer que les substances l'accompagnant lors de l'administration (la prise) ne soient pas toxiques.

 

En effet, certaines drogues sont systématiquement coupées avec d'autres substances la plupart du temps inconnues pour l'acheteur et potentiellement dangereuse (cas de la cocaïne, l'héroïne, le haschich, l'ecstasy, par exemple).

 

Ces drogues sont souvent extraites de plantes (naturelles) ou produites en laboratoire (synthétiques).

Pour s'assurer qu'il n'y ait pas de coupe, la meilleure solution reste d'extraire ou synthétiser soi-même, mais cela n'est pas tout le temps envisageable, et implique d'autres difficultés matériels.

Il existe aussi des solutions pour tester la pureté, ou révéler la coupe, mais c'est souvent du matériel assez coûteux.

 

D'autres drogues ne connaissent pas ce problème : la cannabis sous forme d' « herbe », les champignons, le LSD, le tabac (quoique…), le thé, en fait, toutes les drogues sous forme végétale (où un coupe serait très visible) ou dont la forme rend la coupe techniquement impossible (LSD). Mais cela n'empêche pas la présence d'autres substances toxiques, eh oui…même dans ce domaine, tous les producteurs ne sont pas BIO…

 

Ainsi, il est fortement conseillé de consommer une drogue dont on connaît la qualité, pour l'avoir produit soi-même par exemple (si ça peut-être un gage de qualité). L'auto-production à d'ailleurs d'autres avantages non-négligeables : le coût plus bas, mais aussi la satisfaction d'un effort, qui limite par la même occasion les quantités disponibles. Cela permet surtout de ne pas alimenter des réseaux mafieux voire criminel, ce qui n'est pas éthique du tout, mais aussi d'éviter le contact avec certains « dealers » potentiellement dangereux.

 

Dosage et administration :

 

Le choix du dosage requiert un soin tout particulier et peut présenter les difficultés suivantes :

 

- La dose normale varie beaucoup d'une substance à l'autre (de 0,5g à 0,1mg par exemple !)

- Elle peut aussi varier selon le mode d'administration (fumée, la dose nécessaire est moins importante qu'ingérée)

- La dose varie nécessairement en fonction de nos attentes : est-ce un premier test ? Suis-je plutôt sensible à cette substance ?

- Certaines substances où le contrôle du dosage est primordiale nécessite la possession d'une balance de précision (au centième ou au millième)

- La concentration en substance dans certaines plantes peut tout simplement être variable, il faut alors être très prudent.

 

Il existe aussi pleins d'astuces pour optimiser une dose (l'associer avec certaines plantes, la préparer d'une certaine manière, être à jeun, etc).

 

Mais un autre point très important est le mode de consommation, ou administration de la dose.

 

Ce choix détermine souvent l'effectivité de la dose. Certaines substances ne sont par exemple pas actives oralement, d'autres ne peuvent pas se fumer car elles sont détruites à la chaleur. La durée aussi en dépend entièrement, car l'absorption ne se fait pas partout dans le corps à la même vitesse.

 

La voie orale :

La substance est avalée telle qu'elle ou sous forme d'infusion, soupe, sirop, salade, gélule, cachet, ou autre préparation. C'est une des méthodes les plus simple (quoique, cela dépend de la quantité et du goût de la substance à ingérer).

L'absorption est plutôt lente, et certaines substances ne sont pas assimiler (permet de filtrer certaines substances indésirables).

La dose requise est donc souvent plus importante et les effets plus longs.

 

L'inhalation :

La substance peut-être fumée dans une cigarette, une pipe, ou d'autres dispositifs (pipes à eau par exemples).

L'absorption est très rapide, et donc la dose requise est moindre.

Par contre, la fumée peut-être très chargée en substances non désirables (cendres, goudrons, produits huileux) et très chaude, causant l'irritation de la gorge.

Il existe différents moyens pour limiter ces inconvénients : certains dispositifs ou techniques d'inhalation permettent de refroidir la fumée.

 

Pour désépaissir la fumée (ou pour avoir besoin de moins fumer), on peut effectuer un « extrait » permettant de fumer quelque chose de plus concentré, donc avec moins d'adjuvants soumis à la combustion.

Une technique toute simple consiste en l'ajout d'un filtre (à cigarette), retenant les plus grosses particules. Malheureusement, une « légende urbaine », totalement infondée, assure que les filtres à cigarette ne laisse pas passer le THC ou d'autres substances fumées, ce qui est totalement faux car ces particules sont minuscules comparée à celle de goudron, retenues pas le filtre.

De plus, le contacte d'une fumée très chargée sur les poumons provoque une vasoconstriction, réduisant la surface d'absorption…un filtre est donc doublement bénéfique !

 

Cependant, l'inhalation de produits de cette manière doit rester ponctuelle, car cette pratique répétée peut provoquer des dommages pulmonaires, voire l'apparition à terme de cancers.

 

Il existe une autre méthode d'inhalation qui ne fait pas intervenir la combustion, et qui est largement préconisée dans les pays où le cannabis médial est utilisé : la vaporisation.

 

Cette technique consiste à chauffer le produit ou la plante sans contact avec une flamme, ce qui vaporise la substance active sans rien brûler. Cependant, certaines substances ne s'évaporent qu'à très haute température, rendant la vaporisation difficile. On n'aspire alors aucune fumée mais seulement une légère vapeur. Un vaporisateur peut être construit assez facilement.

 

Autre modes de consommation moins courant :

 

L'injection intra-veineuse, ou intra-musculaire : les effets sont quasi-instantanés, et la dose requise moindre, mais il n'existe aucune barrière aux éventuelles impuretés et contaminant.

 

Une variante est la voie rectale, qui est paraît-il tout aussi directe, mais, je pense, plutôt inconfortable ^^

 

L'insufflation (snif), qui peut être assez douloureuse, et peut causer des dommages importants.

 

L'absorption par les muqueuses (buccales), plus traditionnel, qui consiste à mâcher une « chique » pendant longtemps sans l'avaler. Les femmes dispose d'une autre possibilité dans ce domaine, qui n'est toutefois pas indiquée…

 

Bon après, c'est du domaine de l'anecdote, certains essaient des absorptions oculaires (gouttes dans les yeux), d'autres se font des pommades, voire même des bains…tout est permis ! Je n'ai par contre jamais entendu parlé de test intra-oricullaire…hum.

 

Tolérance et dépendance :

 

Voilà encore un élément extrêmement important.

 

Commençons par la tolérance : c'est le phénomène de perte d'effectivité des prises au fil du temps.

C'est bien connu, quelqu'un qui boit souvent « tient » mieux l'alcool. Son corps s'y habitue, et contrecarre les effets de diverses manières, où y devient de moins en moins sensible.

 

Cependant, les types de tolérances varient beaucoup d'une substance à l'autre.

Elle peut-être permanente. Je prendrais l'exemple du DXM (je crois) avec lequel ce phénomène est tellement important que la consommateur ne peut pas dépasser la vingtaine d'expériences avec cette substance car la tolérance devient telle qu'elle n'a plus d'effet.

 

Mais la plupart du temps, elle est momentanée (dure entre quelques heures et quelques mois), ce qui exige l'espacement des prises pour pouvoir en profiter pleinement à chaque fois. Mais dans le cadre d'une dépendance, cela conduit à un redosage toujours plus important, qui n'est pas dangereux physiquement dans le cas du cannabis ou du LSD puisque la dose létale ne peut être atteinte, mais qui est très lourd financièrement. Le tabac entre dans cette catégorie. Dans le cas de consommation d'héroïne ou de cocaïne, ces redosages peuvent mener à une overdose.

 

La tolérance peut être croisée, c'est-à-dire qu'une tolérance installée pour une substance peut être effective pour une autre substance (généralement proche).

 

Très rarement, la tolérance peut être inversée, c'est-à-dire que les premières prises ne seront pas effectives, mais qu'au fil des expériences, l'effet soit de plus en plus important (c'est une sensibilisation à la substance) → cas de la Salvia Divinorum.

 

Les mécanismes de tolérance peuvent être psychiques ce qui explique le fait qu'ils peuvent être dans certains cas très irréguliers (on peut par exemple être persuadé que la dose n'a pas été effective pendant un heure, puis d'un seul coup se trouver plongé en plein dans les effets, c'est tout de même plutôt rare et spécifique à certaines substances).

 

Passons à la dépendance. On séparera le cas de la dépendance chimique/physique, et celui de la dépendance psychologique.

 

Dans le premier cas, prenons l'exemple des opioïdes (comme l'héroïne). Ce groupe de molécules imite (pour faire simple) l'action d'une famille de neurotransmetteurs, les GABAs, qui ralentissent l'activité cérébrale (d'où le terme « dépresseur »). Pour rétablir le déséquilibre causé par cette drogue, le cerveau se mettra après quelques prises à produire moins de GABA (puisqu'il en reçoit souvent). Ainsi, quand le consommateur veut arrêter, il est en déficit de GABA et peut être sujet à des hallucinations, et en tout cas à un fort manque. La mise en place de la dépendance est je crois similaire dans le cas du tabac (et encore plus rapide !), et peut-être aussi pour la cocaïne.

 

Les drogues provocants une dépendance chimique importante sont à éviter absolument, car la phase de sevrage est extrêmement difficile.

 

Mais dans le cas d'une dépendance psychologique, d'une addiction, c'est beaucoup plus subtil. Ce type de dépendance n'est pas valable uniquement pour les drogues, elle est possible pour toute chose (jeux vidéos, jeux d'argent, télé, consommations diverses, modes, etc), se met en place généralement assez lentement, et nous sommes le seul acteur de sa mise en place. Il faut alors se mettre soi-même des bornes. Une dépendance psychologique peut être simplement le fait qu'on n'arrive plus à concevoir une soirée sans cannabis, ou sans alcool. A ce stade, bien que dommage, elle n'est pas encore dangereuse, mais elle peut s'étendre à la vie quotidienne et prendre une part toujours croissante de son temps et de son argent. Il faut pouvoir sa poser des limites, être assez mature pour cela.

Cependant, toutes les drogues ne sont pas également addictives psychologiquement. Les plus dangereuses sont celles qui mettent le consommateur systématiquement dans un état de bien être (héroïne, cocaïne) par « dépression » ou « stimulation ». Le cas des drogues psychédéliques est assez particulier parce que le risque de dépendance psychologique est fortement limité par la possibilité de « bad trip » (une expérience qui a été déplaisante, voire terrifiante et cauchemardesque, développé plus loin) qui augmente avec le nombre d'expériences et refroidit sévèrement tout début de dépendance.

 

Il faut donc se renseigner préalablement au cas par cas avant de tenter quoi que ce soit et bien se connaître soi-même pour éviter cet écueil (ne surtout pas sur-estimer sa volonté).

 

Ouf…avant de passer aux effets, je précise juste qu'il est très intéressant de se renseigner sur une substance d'un point de vue historique (certaines substances sont connues depuis des milliers d'années), et de lire les expériences et conseils d'autres personnes, qui foisonnent sur le net (on appelle ça un « Trip Report »). On est jamais trop prudent, ou trop renseigné.

 

Bon allez, je prends une petite pause…j'espère que je n'ai pas fait trop de fautes.

20 novembre 2011
22:47
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Alexandre
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C'est vrai que je ne peux pas m'empêcher de rigoler, mais ça ne fait qu'alimenter des préjugés. Au moins, le titre sera mieux compris à présent ^^

5 décembre 2011
01:31
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Alexandre
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C'est reparti !

 

Je vais maintenant essayé d'aborder les effets produits par différentes drogues.

J'ai tenté dans le message précédent de rester générale et le moins subjectif possible, mais les synthèses de ce messages sont simplement les conclusions que j'ai tiré de mes recherches, elles sont donc très subjectives, mais n'y voyez aucune orientation, c'est juste de l'information. De plus, certaines informations sont tirées de ma compréhension de diverses lectures, et peuvent, de fait, être erronées.

 

Les effets sont évidemment propres à chaque molécule, mais on peut tout de même tenter de les classifier en trois grandes familles : les dépresseurs, les stimulants et les psychédéliques (et les antipsychotiques aussi en fait).

 

Tout d'abord, il faut savoir que l'état que l'on peut appeler « normal », ou sobre, est un état d'équilibre (relativement à un état induit par une drogue) dans lequel nous sommes le plus performant sur le long terme (à part peut-être dans le cas de troubles psychologiques importants), bien qu'il soit fluctuant. C'est facile à se représenter dans le cas des dépresseurs et psychédéliques, avec lesquels on interagit avec lenteur ou difficulté avec son environnement, mais il faut bien garder à l'esprit que c'est aussi le cas des stimulants. Un consommateur de stimulants peut très bien se dire qu'il est beaucoup plus efficace, au niveau du travail fournit par exemple, mais il oublie que le corps a besoin de repos et que les effets stimulants laisseront place à un contrecoup parfois très dur, donc la performance n'est que momentanée, et souvent chèrement payée. Et si le consommateur évite ce contrecoup en prenant toujours plus de stimulants, la fatigue s'installera à son insu, entrainant diverses infections et maladies.

 

Mais quel est l'intérêt des drogues si elles nous rendent globalement moins efficace pendant un temps… ? L'idée est de tirer de ce déséquilibre momentané un avantage, dans certains cas, sur le long terme. On comprend donc que la prise de drogue doit être mûrement réfléchie et le moment soigneusement choisi.

 

Maintenant, passons aux différentes familles de drogues. Voici un schéma (venant de Wikipédia) très bien fait je trouve :

 

http://fr.wikipedia.org/wiki/P.....ychotropes

 

On voit donc quatre grands groupes d'effet, qui peuvent être superposés. Pour faire simple, ils vont être abordés séparément. Je vais présenter très rapidement quelques drogues principales de chaque catégorie. De plus amples informations sont disponibles très facilement sur différents sites.

 

Commençons par les Antipsychotiques.

 

Cette famille regroupe tous les antidépresseurs et tous les autres médicaments administrés pour « soigner » les symptômes d'une « trouble » mental en ramenant à peu près le patient à un attitude « normale » (à coups de sédatifs pour des hyperactifs par exemple).

Je ne pourrais vous en dire beaucoup plus.

A part peut-être le fait qu'il faille, je pense, chercher à éviter autant que possible tout recours à ces substances, car elles sont en général addictives (je pense aux antidépresseurs), et leur prescription est très contestable car elle ne permet pas de soigner un trouble, mais juste de le camoufler un temps.

 

Méfiance, aucune substance ne peut être la solution à un trouble psychologique, même si elle semble l’apaiser.

 

Passons aux Dépresseurs :

 

On y trouve les sédatifs, anesthésiants et anxiolytiques…des substances ayant pour action l'engourdissement du système nerveux (ralentissement ou blocage de son activité) là où elle agit.

 

On peut citer pour les plus connus l'alcool, les opioïdes (opium, morphine, héroïne, méthadone, …) et un tas de médocs (somnifères par exemple). Evidemment, je mets tout dans le même sac. Les effets varient beaucoup selon le mode et le lieu d'action de la molécule.

 

Ces drogues ont évidemment un fort intérêt médical, elles sont primordiales dans toute intervention chirurgicale, mais elles ont cependant un potentiel addictif très important.

 

Je vais essayé de développer trois cas, l'alcool, l'héroïne et le cannabis « indica » :

 

Alcool :

 

Pour l'alcool, je ne vais pas m'étaler, ce n'est pas nécessaire je pense.

Les effets recherchés sont souvent une certaine désinhibition (par dépression des mécanismes de jugement), c'est pour cela qu'il est beaucoup consommé dans un cadre festif. Sa consommation provoque aussi une certaine sensation de bien-être couplée à une sensibilité à la douleur amoindrie.

Les difficultés rencontrées en cas de surdose sont connues : problèmes de motricité et de locution, troubles de la mémoire, nausées, voire « black out » ou même coma.

La consommation quotidienne d'alcool semble augmenter le risque de cancers, tout spécialement si elle est couplée à la consommation de tabac (double irritation des voies respiratoires et gastriques).

Juste un point important concernant la dépendance. On distingue très bien les deux types, psychologique, pour les gens accros à la bière par exemple, et chimique, les vrais « alcooliques ».

Concernant cette dernière catégorie, c'est une dépendance qui met du temps à se mettre en place, mais qui, une fois acquise, a une intensité et des symptômes similaires à un manque d'héroïne. En effet, le corps dispose de plusieurs mécanismes pour éliminer, évacuer ou transformer l'éthanol. Mais lorsque la consommation est continue et très importante, les mécanismes « classiques » ne suffisent plus, et le corps transforme alors l'éthanol en une molécule de type opioïde, créant ainsi très rapidement une dépendance très intense. Malheureusement, le seuil de déclenchement de ce mécanisme peut beaucoup varier d'une personne à l'autre.

 

Avis personnel → Cette drogue, ayant un potentiel addictif existant et un toxicité non négligeable peut être intéressante uniquement consommée de façon modérée (à moins de vouloir expérimenter les états de conscience diminuée ^^), et ciblée/ponctuelle lors de certains événements, pour délier les langues et créer une ambiance festive.

 

Héroïne (reine des dépresseurs):

 

L'héroïne est dérivée de la morphine, tirée de l'opium, qui est en fait la résine du pavot somnifère, utilisée depuis environ 5000 ans.

Elle se présente sous forme de poudre ou de bloc blanc à brunâtre selon la pureté et les coupes.

Elle est administrée par injection, insufflation ou inhalation (« chasser le dragon ») à une dose d'environ 100 mg.

Les effets recherchés peuvent être l’apaisement d'une douleur, tant physique que psychique, ou la recherche d'une sensation de bien-être, voire un plaisir intense.

Les effets commencent par un « flash », une espèce de jouissance extrême, durant quelques secondes, puis par une phase de bien-être, d'engourdissement et de chaleur les 4 heures suivantes. En conséquence, la « descente » est très désagréable, et la dépendance psychologique est donc très rapidement mise en place, entrainant l'acquisition d'une dépendance chimique, lors de prises rapprochées, et d'une forte tolérance. A ce stade, l’héroïnomane ne consomme plus que pour éviter l'état de manque, et le risque d'overdose et de mort par insuffisance respiratoire se fait de plus en plus important. Ceci a bien sûr de fortes conséquence sur sa vie sociale et sur sa santé (démangeaison, constipations, vomissements et infections diverses).

Le sevrage d'une dépendance à l'héroïne peut se présenter sous la forme d'une diminution progressive de la consommation, étalant la sensation de manque sur de longs mois, et donc très difficilement envisageable. Elle peut consister aussi en une abstinence brusque, qui est en général extrêmement éprouvante, ou plus généralement en sa substitution par un opioïde synthétique, ne faisant que déplacer le problème. Ainsi, un héroïnomane se retrouve souvent dépendant à la méthadone ou la codéine en essayant de se sevrer. L'héroïne était d'ailleurs vendue au début du siècle dernier comme remède à la dépendance à la morphine…beaucoup d'autres médicaments sont aujourd'hui dans le même cas, à ce demander si les laboratoires pharmaceutiques s'intéressent parfois à autre chose que les dollars…bref. Certains tentent un sevrage grâce à des drogues psychédéliques, non addictives, telles que le breuvage amazonien Ayahuasca, ou la racine sacrée Iboga en Afrique, en général prises avec des guérisseurs traditionnels, ce qui s'apparente plus à un travail d'ordre psychologique.

 

Avis personnel → La dépendance étant tellement forte, une tentative de maîtrise de ce type de consommation est extrêmement difficile et beaucoup trop risquée. Cette drogue est donc à éviter à tout prix, même « juste une fois et après plus jamais ». A moins que… à moins que vous ne soyez porteur d'une maladie incurable, en phase terminale, et que vous choisissiez de mettre fin à vos jours. L'héroïne est une drogue des plus ''dures'', mais aussi, je pense, la façon de se donner la mort la plus douce !

 

Cannabis « indica », 1ère partie :

 

Pourquoi je précise indica ? Parce que le cannabis contient plusieurs types de molécules aux effets diverses, dont les concentrations peuvent varier fortement d'une souche de chanvre à l'autre.

Ainsi, les innombrables cultivars de cannabis sont en générale obtenus après de nombreuses hybridations, ayant pour plus lointains parents des variétés dites « indica » et/ou « sativa ».

Les souches à majorité « sativa » contiennent principalement du THC, ayant des effets difficilement ''catégorisables'' (bien qu'uniques), euphorisant, léger dépresseur ou stimulant et psychédélique (effets dominant à forte dose). Fumer une herbe à effet sativa, « qui fait rire », rend « high », fait « planer ».

Je veux ici parler des souches à majorité « indica », contenant elles aussi du THC, mais aussi une autre molécule (en fait toute une famille de molécules) en proportion non négligeable, le CBN (entre autres), qui a un effet dépresseur, sédatif. Une herbe à effet « indica » rend « stone ».

 

Il n'existe pas de dépendance physique au THC, mais une certaine dépendance psychologique peut s'installer avec le temps (en fait, on peut observer une légère dépendance physique chez les consommateurs quotidiens au bout de plusieurs mois). Le potentiel addictif du THC est donc plutôt faible mais devient plus important couplé au CBN, dépresseur.

 

(plus de précisions sur le Cannabis dans la partie psychédélique)

 

On continue avec les Stimulants :

 

Cette famille de substances provoque l'augmentation de l'activité du système nerveux, entrainant une vigilance accrue, la résistance à la faim et au sommeil, l'augmentation du rythme cardiaque, de l'activité physique, etc.

On y compte la caféine, la nicotine, la cocaïne, et les amphétamines pour les substances les plus connues.

 

Caféine :

 

On trouve de la caféine dans le café (sans blague), dans le thé, le cacao, et les boissons énergisante (dont le coca), entre autres.

Elle est consommée sous forme de boisson à une dose de 50 à 100mg en moyenne par portion.

Les effets recherchés sont une diminution de la sensation de fatigue et l'augmentation de l'attention.

La tolérance (= accoutumance) à la caféine s'installe assez rapidement lors d'une consommation quotidienne. Le potentiel d'addiction psychologique est moyen, mais la dépendance physique s'installe facilement lors d'une consommation importante (pendant une semaine environ). La dépendance à la caféine, et donc sa consommation en grandes quantités, entraine une certaine intoxication dont les symptômes sont des tremblements, maux de tête, insomnie, anxiété et acidification gastrique. La période de sevrage se caractérise par une certaine dépression.

 

Avis personnel → Un thé (moins caféiné) pour commencer la journée ou la soirée me semble satisfaisant, et un café (plus caféiné) avant un travail important ou un contrôle pendant une période de fatigue peut-être très utile. Mais la consommation doit rester faible (en quantité et/ou fréquence) pour pouvoir profiter quand on en a vraiment besoin des effets de la caféine.

 

Cocaïne (reine des stimulants) :

 

La cocaïne est un stimulant très puissant, extrait de la coca.

Elle se présente sous la forme d'une fine poudre blanche, ou sous forme de cristaux.

La cocaïne peut se consommer de toutes les manières possibles. Les plus courantes sont l'insufflation, puis l'inhalation (en pipe, joint, ou en chassant le dragon (vaporisation sur feuille d'alu)), voire l'ingestion ou l'injection. La cocaïne est (quasi) systématiquement coupée.

Ses effets sont l'anesthésie des zones en contact (le nez et les voies respiratoires), et une indifférence à la douleur, fatigue et faim, ainsi qu'une très forte euphorie accompagnée d'un sentiment de puissance intellectuelle et physique.

Les effets durent en moyenne une heure, et s'accompagnent d'une descente difficile caractérisée par une importante dépression incitant une nouvelle prise. Certains consommateurs calment la descente par la prise d'un dépresseur comme l'héroïne, des médicaments ou du cannabis.

La dépendance psychologique à la cocaïne est donc très forte et s'installe rapidement et s'accompagne d'une tolérance. Le sevrage est en général très difficile.

Sa consommation à long terme entraine des saignements du nez voire des nécroses, des troubles cardiaques et des troubles de l'humeur, le l'attention, des insomnies, une certaine agressivité, etc. Le corps est en général affaibli et amaigri. La cocaïne aurait aussi une certaine neurotoxicité, aggravée lors d'une prise concomitante d'alcool.

Le risque d'overdose est aussi important.

La cocaïne possède beaucoup d'analogues, tels que les amphétamines. Le crack est un dérivé de la cocaïne ayant des effets encore plus puissants et brefs, et est ainsi encore plus addictif.

 

Avis personnel → En raison de son très fort potentiel addictif, cette substance est à éviter à tout prix. Une dépendance à un tel produit est un désastre financier et un dangers importants pour la santé.

 

Tabac :

 

Là aussi je ne vais pas m'étaler.

La nicotine présente dans le tabac a un léger effet stimulant, coupe-faim, mais celui-ci peut aussi être considéré comme dépresseur par certains aspects, elle induit un « flash » lors des premières bouffées, surtout chez les non-fumeurs.

Le tabac est fumé en cigarette, parfois en cigare ou pipe, et beaucoup plus rarement insufflé ou mâché. Sa consommation est quotidienne pour plus d'un milliard de personnes. En France, près de 30% de la population fume.

La nicotine, seule, créer chez le consommateur une dépendance chimique moyenne. Pourtant la dépendance au tabac s'installe très rapidement, elle serait même plus importante que celle induite par le crack. Des études ont mis en évidence le rôle de nombreux additifs dans l'installation de la dépendance physique. Celle-ci est généralement doublée d'une certaine dépendance psychologique.

Le fait de fumer est aussi un phénomène social déterminant dans la mise en place de la dépendance.

Les tentatives d'arrêt de consommation de tabac sont marquées par une forte sensation de manque, et la dépendance à la nicotine à la particularité de pouvoir se réveiller très rapidement après plusieurs années de non tabagisme.

La fumée du tabac est forte et toxique en raison des multiples ajouts d'arômes, liants, et autres substances. Les effets du tabagisme sont une irritation des voies respiratoires, un encrassement des poumons, et une forte augmentation du risque de développer un cancer.

 

Avis personnel → Le tabagisme présente, je pense, un des grands pièges à éviter dans sa vie. La dépendance inextricable et rapide qu'il induit entraine un certain poids financier et des complications sanitaires à long terme. Le seul intérêt qu'il puisse présenter est de l'ordre social.

 

A suivre

11 décembre 2011
13:12
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Alexandre
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Argh...pas le temps, il va falloir encore patienter un peu.

27 décembre 2011
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Alexandre
Kaysersberg
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Hallucinogènes :

 

Une substance hallucinogène provoque un état modifié de conscience (EMC) assez prononcé. En effet, notre mental cherche toujours à trouver un état d'équilibre le plus stable possible, et traite ainsi les expériences vécues en fonction de notre mémoire de façon à devenir de plus en plus stable, solide.

Ainsi, un enfant a un mental extrêmement malléable, tandis qu'un adulte acquiert en général une certaine rigidité, ses structures mentales se précisent, s'ajustent, se cristallisent, avec plus ou moins de nœuds, d'incohérences, mais perdent en plasticité.

 

Les informations qui nous parviennent par le biais de nos sens, nos pensées et nos émotions modifient constamment, même très légèrement, notre état de conscience, mais celui-ci gravite toujours autour de ce point de normalité, fruit de notre expérience, à moins de vivre une expérience très forte, un traumatisme ou autre.

On comprend donc que beaucoup de situations peuvent induire un état modifié de conscience plus ou moins important, à savoir un accident, un orgasme, une pratique spirituelle, artistique, ou la prise de psychotropes (stimulants et dépresseurs inclus).

 

On voit donc que la notion d'hallucinogène est peu évidente à définir. On va dire qu'une substance est hallucinogène si elle est capable d'altérer significativement différentes fonctions mentales.

Pas très satisfaisant comme définition. Je donne quelques exemples : lors d'une prise de dépresseur tel que l'alcool, la quantité d'informations traitées est moindre, et par conséquent, le comportement est modifié, mais seul l'efficacité de certains mécanismes a été altéré, pas leur manière de fonctionner. Et inversement pour un stimulant, qui booste la machinerie cognitive voire tout le corps, toujours sans agir (ou très peu) sur la structure des mécanismes psychiques.

 

Avant de continuer plus loin sur l'action des ces substances, qu'est-ce qui est recherché lors d'une prise d'un hallucinogène ?

 

On peu déterminer je pense deux optiques, l'une récréative, l'autre constructive/créative, qui évidemment peuvent être assez mêlées.

 

L'utilisation d'hallucinogènes dans une optique constructive est très ancienne, elle s'inscrit dans des cultes, des traditions multi-millénaires. Le potentiel psycho-térapeuthique de ces pratiques commence à peine à être appréhendé en occident. On peut citer pour les plus célèbres le culte de l'Ayahuasca en Amazonie, de l'Iboga en Afrique équatoriale, du Peyotl (cactus) en Amérique du Nord, ou du Teonanacatl (champignon) au Mexique.

 

Ces pratiques s'apparentent à des thérapies de groupe, ou visent l'expérience du mystique (on parle de plantes enthéogènes), avec des chants, de la musique, des rituels et un guide, guérisseur, un chaman. On trouve des cultes similaires partout dans le monde mais sans forcément l'usage de plantes. Des états de transe peuvent être aussi produit par la musique.

 

Quels sont les dangers de prises d'hallucinogènes ?

 

Outre la toxicité de la substance (d'ailleurs très faible pour la plupart), le risque majeur est d'ordre psychologique.

 

Dans une optique récréative, on peut nommer le très redouté Bad Trip, qui mène l'usager à l'exacte opposé de ce qu'il attendait – c'est-à-dire s'éclater dans un monde totalement nouveau, changeant et improbable – il se retrouve en fait plongé dans un cauchemar éveillé, terrifiant…

 

Ce qu'il ne faut pas oublier, c'est que l'on est acteur de notre trip, ce qui signifie que si l'on n'est pas dans de bonnes conditions, aussi bien extérieures que psychiques, le voyage risque de ne pas être très agréable. Avant toute expérience psychédélique, il est donc important de soigner ces conditions, qu'on appelle son « set and setting », comme par exemple tout prévoir pour ne pas se trouver dans des circonstances stressantes pendant l'expérience, avoir quelqu'un auprès de soi…etc.

 

Of course, the drug dose does not produce the transcendent experience. It merely acts as a chemical key — it opens the mind, frees the nervous system of its ordinary patterns and structures. The nature of the experience depends almost entirely on set and setting. Set denotes the preparation of the individual, including his personality structure and his mood at the time. Setting is physical — the weather, the room's atmosphere; social — feelings of persons present towards one another; and cultural — prevailing views as to what is real. It is for this reason that manuals or guide-books are necessary. Their purpose is to enable a person to understand the new realities of the expanded consciousness, to serve as road maps for new interior territories which modern science has made accessible

 

Timothy Leary

 

Le deuxième danger, le plus important est la création ou l'amplification de troubles persistants après l'expérience, et ce risque peut-être extrêmement variable selon les cas, car l'a création de troubles est inhérentes à l'expérience, mais la condition de leur conservation est très complexe et propre à chacun.

 

Voici quelques exemples :

 

Imaginons un personne fragile psychologiquement, ayant une schizophrénie latente par exemple. Cette personne, sans être guidée, va vivre une expérience qui va mettre à jour, amplifier ses troubles, et elle ne va probablement pas être capable de les surmonter, même après l'expérience, ce qui aggraverait son état.

Par contre, en présence d'un guide, d'un psychothérapeute, l'expérience psychédélique peut largement catalyser le travail qui va être réalisé.

  

Il y a le cas du blocage, l'usager s'enferme dans une boucle de pensées, courte et répétitive, très stable qui peut se perpétuer même après l'expérience si rien n'est fait pour le sortir de la boucle.

Les usagers fréquents de LSD (psychédélique à durée d'action très longue) essaie d'avoir toujours des benzodiazépines sur eux, une substance aux effets hypnotiques, anxiolytiques, un dépresseur quoi, permettant un changement suffisant au déblocage. Autrement, tout autre choc émotionnel est le bienvenu.

 

Pour un individu équilibré, il peut y avoir création de troubles persistants dans le cas d'une consommation régulière dans une optique récréative si l'usager se dit, qu'à chaque expérience, il n'est plus lui, ce n'est plus la réalité, et qu'une fois l'expérience terminée, il la nie, ne l'intègre pas, et reprend sa vie quotidienne comme si de rien n'était. Au fil des expériences, qu'il le veuille ou non, il accumule des petites perturbations qu'il n'assimile pas et qui peuvent envahir son quotidien. Dans ce cas là, un petit tour à l'hôpital psychiatrique devient nécessaire.

 

Evidemment, ces risques dépendent de facteurs comme la qualité du set and setting, la durée des effets de la substance, et la profondeur de l'expérience, liée à la dose et la physiologie de chacun.

 

Reste un dernier risque mineur, la dépendance.

 

Il n'existe pas de dépendance physique aux hallucinogènes, mais une dépendance psychologique qui est, comme pour toute chose, possible. Toutefois elle est aussi quasi-inexistante en raison de deux facteurs : la tolérance à la substance qui est en général très rapide avec les hallucinogènes et la rend donc vite inintéressante, et les risques cités ci-dessus, qui refroidissent très vite l'usager une fois vécus.

 

La seul dépendance possible serait par exemple une habitude de consommer du LSD tous les week-end, ce qui n'est pas vraiment pesant financièrement (trois bières pas week-end ça va non ?), mais peut entrainer une des complications citées précédemment, particulièrement la dernière.

 

Après, il y a des dépendances qui peuvent-être plus pesantes, comme celle au cannabis ou à la MDMA (ecstasy), considérés comme psychédéliques légers, mais surtout respectivement dépresseur et stimulant (empathogène), et qui ne sont en aucun cas comparables à une dépendance à la cocaïne, au tabac ou à l'héroïne.

 

(A suivre)

24 janvier 2012
18:04
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David
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Les champignons hallucinogènes, remèdes contre la dépression ?

 

http://bigbrowser.blog.lemonde.....r=RSS-3208

 

On sentait que cela allait bientôt arriver et voilà que de plus en plus d'étude le montre, les champignons hallucinogènes ne sont pas néfaste pour la santé, au contraire ils pourraient aider à soigner certaines maladies !

24 janvier 2012
21:16
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Vincent
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Le scientifique a été limogé par le ministre de l'intérieur de son rôle de consultant du gouvernement sur les drogues, en 2009, après qu'il eut tenu des propos similaires.

Sans commentaire.

25 janvier 2012
13:49
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Alexandre
Kaysersberg
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Il avait conclu dans un rapport que l'ecstasy, le cannabis ou le LSD étaient des substances moins dangereuses que l'alcool ou la cigarette.

 

Ha ha ha !

 

Ça me rappelle qu'il faudrait que je termine l'article un jour...

16 février 2012
21:48
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Vincent
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Vous vous êtes toujours demandé comment vous danseriez sous 5g de champignons ? Ne cherchez plus !

17 février 2012
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Alexandre
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Effectivement...plutôt dément !

17 février 2012
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Noé
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Plutôt clément !

Ni dieu, ni maitre
6 avril 2012
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Alexandre
Kaysersberg
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Salut,

 

J'avais ouvert ce post pour parler spécifiquement des hallucinogènes, en particulier des psychédéliques, mais voulant aborder cette partie de manière complète, je l'ai laissé de côté pour un moment où j'aurais réellement le temps de bien traiter le sujet, et ce moment je ne l'ai jamais pris...du coup j'ai parlé de tous les autres types de drogue, mais pas des psychédéliques...

 

Mais à défaut de saisir ce moment, je vous poste un extrait traduit (traduction d'un membre de Lucidstate) d'un document écrit par un certain Stolaroff. C'est long, mais je pense qu'il vaut vraiment la peine d'être lu, même si l'expérience psychédélique ne nous intéresse pas particulièrement, et tout ce dont il traite doit nous être présent à l'esprit lors d'une telle expérience.

 

UTILISER LES PSYCHÉDÉLIQUES AVEC DISCERNEMENT

By Myron J. Stolaroff

Un psychonaut vétéran explique comment les psychédéliques peuvent être utilisés pour donner des réels bénéfices. 

Ma femme et moi sommes allées plusieurs miles dans les montagnes jusqu’à une montagne de 6000 pieds dans le sud du Mont Whitney en Californie. Nous étions parti pour rencontrer Franklin Merrell-Wolff, l’auteur du livre « Pathways through to Space », l’impressionnante description d’une personne entrant dans un état d’illumination et le savourant pendant plusieurs mois. 

Quand nous sommes arrivés dans son lieu de travail, nous y trouvâmes un personnage irradiant d’un fantastique éclat. Nous avons parlé pendant plusieurs minutes, et quand je me suis senti assez à l’aise, j’ai commencé a parler de notre travail. Nous venions de passer trois années et demie a administrer du LSD, parfois avec de la mescaline, a 350 volontaires, et nous venions de publier nos résultats dans un journal médical. 

“Oh mon dieu” s’exclama-t-il, en nous regardant avec consternation. « J’espère que vous n’avez pas utilisé ces drogues sur vous-même… »

Nous avons alors admis que nous l’avions fait. Il nous dit alors : « Celons X [un certain sage indien dont j’ai oublié le nom], cela vous prendra 7 incarnations pour guérir du dommage que ces substances induisent ! »

J’étais naturellement un peu ébranlé par sa déclaration, mais je n’ai pas trouvé de chose appropriées à répondre à cela avant que nous soyons rentré de la montagne. « Ne jamais sous-estimer la grâce de Dieu ».

Il n’est pas question de remettre en cause le fait que les substances psychédéliques sont des formidables grâces. Plus loin une personne progresse dans l’énorme espace de la conscience pouvant être atteinte, plus cette personne réalise la puissance de ces composés. Il semble n’y avoir aucune limite aux niveaux de conscience que peuvent atteindre une personne qui explore les immensités de sa psyché avec intégrité et courage. 

La valeur de ces substances chimiques, que la science n’arrive pas encore a expliquer, c’est qu’elles dissolvent les frontières de l’esprit inconscient. Elles nous donnent accès a nos matériels psychiques enfouis et refoulés, à l’Ombre dont parle si bien CG Jung, les archétypes de l’humanité, une énorme masse de niveaux de pensée, et à la source de la créativité ainsi qu’aux expériences mystiques appelées « inconscient collectif » par Jung.

Au Cœur de l’inconscient, existe ce que beaucoup décrivent comme la source de la vie elle-même, et que certains appellent Dieu. Ceux qui ont expérimenté cela, le décrivent comme une superbe et ineffable source de lumière et d’énergie qui comprend toute la création, qui embrasse toute la sagesse, et qui irradie d’une source toujours constante d’amour. L’immersion dans cette lumière est l’essence même de l’expérience mystique et produit ce que les bon mystiques ont décrit comme l’état d’unité [oneness]. Une telle union est la culmination de toutes les recherches, tous les désirs, c’est l’expérience la plus chérissable que puisse vivre l’homme. 

Tous ceux qui prennent de ces substances ne seront pas capable de ressentir de telles révélations. En fait, les psychédéliques sont des agents extrêmement puissants et peuvent être utilisés à mauvais escient. Il faut se rappeler qu’ils aident à révéler l’inconscient, et beaucoup d’entre nous ont autant de pensées inconscientes pour des raisons très spécifiques. Nous pourrions ne pas aimer l’apparence des émotions douloureuses et réprimées jaillissant de l’inconscient, ou subir de point fouet l’évidence que nos styles de vie ou nos valeurs doivent impérativement être améliorées. Il n’est pas non plus évident d’accepter l’immensité de notre être [our being], notre immense potentiel, ainsi que la responsabilité que cela implique. 

Pour nous assurer un résultat gratifiant et enrichissant, voyons quelques facteurs qui doivent être pris en compte lors de l’usage de telles substances. Je dois préciser que je n’encourage en aucun cas à l’utilisation de substances illégales. J’espère qu’avec une meilleur compréhension de ces substances, nous pourront faire évoluer les lois en vigueur actuellement pour permettre de continuer la recherche. Voici quelques points importants qui aideront a assurer un résultat bénéfique :

SET AND SETTING

Le set and setting a été reconnu très largement comme les deux facteurs les plus importants pour la préparation à une expérience psychédélique. De ces deux facteurs, le « set » as la plus grande influence. Comme la drogue ouvre les portes de l’inconscient, de larges spectres d’expérience peuvent avoir lieu. La façon dont quelqu’un se dirige dans ce vaste labyrinthe dépend principalement du « set ». Le « set » inclus le contenu de l’inconscient personnel, qui est essentiellement l’enregistrement de toute la vie de la personne. Il inclue aussi les propres murs du conditionnement de la personne, murs qui déterminent la liberté de la personne a se mouvoir à travers ces états. Un autre aspect important du « set », consiste aux propres valeurs de la personne, son attitude et ses aspirations vis-à-vis de la vie. Tout cela influence directement la direction de l’attention pendant l’expérience, et détermine comment cette personne va gérer le matériel psychique rencontré. 

Un individus peut apprendre énormément en acceptant et en se réconciliant avec ses matériaux psychiques inconfortables. Résister à cet inconfort, au contraire, peut intensifier le niveau de douleur, ce qui peut conduire à des expériences perturbantes, insatisfaisantes, ou même jusqu’à des accès psychotiques (tentatives de fuite). Ces mécanismes décris sont largement responsables du point de vue du corps médical qui perçoivent ces substances comme des psychotomimétiques (qui miment la psychose). D’un autre côté, se soumettre totalement à l’expérience, l’accepter avec gratitude et avec une bonne appréciation de la grâce donnée, peut résulter dans une ouverture continue, et dans un épanouissement et un accomplissement extrême. 

Le “setting”, ou l’environnement dans lequel l’expérience a lieu, peut aussi grandement influencer l’expérience, les sujets étant d’habitude très suggestibles sous l’action d’un psychédélique. Un rituel inspirant, un lieu d’une beauté naturelle, des travaux artistiques stimulants, et des objets intéressants à examiner peuvent concentrer l’attention du sujet sur des aires gratifiantes. Le plus important est un guide expérimenté, éprouvant de la compassion et étant très familier avec le processus. Sa présence permet d’établir une énergie stable qui aide le sujet à rester centré. Le guide peut être très utile pour aider le sujet à passer outre certains lieux inconfortables, et donner des questions intelligentes qui aident à résoudre les difficultés, ainsi que de suggérer des directions d’exploration qui auraient pu être ignorées sinon. Le sujet pourra aussi éprouver un confort et une clarté plus grande de son expérience en partageant simplement ce qu’il se passe avec un interlocuteur attentif. Pour finir, un bon sitter sait que le meilleur des guides est l’esprit même du sujet, et ne doit pas interférer a moins que son aide ne soit réellement nécessaire.

MOTIVATION

La motivation est extrêmement importante. Ceux qui cherchent le savoir de façon sérieuse et apprécient réellement la vie dans toutes ses formes seront de bon voyageurs. Certaines caractéristiques des psychédéliques les rendent très populaires pour un usage récréatif. La plus appréciée de ces caractéristiques est l’augmentation de la sensibilité aux niveaux des sensations appréciables, une perception améliorée, l’amplification de la beauté et du sens de la vie, et l’augmentation de la gratification par les sens. Les psychédéliques peuvent aussi générer une proximité améliorée entre les participants, spécialement dans un voyage groupé. Je suis convaincu que l’un des plus grands commandements cosmiques est « appréciez », je pense cependant qu’il existe des pièges d’utiliser ces substances de façon purement récréative. La première cause de mes réserve, est qu’une personne cherchant uniquement le plaisir des sens peut se trouvé inondé par une éruption de matériel inconscient réprimé sans savoir comment le gérer. Chercher uniquement le plaisir sans donner en retour, peut distordre la personnalité du sujet et produire au final un grand inconfort. L’usage prudent, et la sureté d’obtenir des bénéfices avec les psychédéliques ne peut se produire qu’avec une utilisation intelligente et bien informée. 

HONNÊTETÉ

Pour le vrai chercheur spiritual, ou pour n’importe quelle personne cherchant le savoir, la plus importante des qualités est l’honnêteté. Cela signifie avoir le courage de regarder tout ce qui remonte profondément de l’esprit, la capacité a admettre ses défauts lorsqu’ils sont apparents, et la détermination de changer son comportement après avoir expérimenté la vérité. 

DISCIPLINE CONTINUE

Les experts dans ce domaine sont généralement d’accord pour dire qu’il est avisé de faire des voyages psychédéliques accompagnés d’une discipline spirituelle ou d’un programme qui rétablira continuellement l’attention du sujet sur les valeurs et les buts fondamentaux. Une bonne discipline esquissera le contour d’une bonne éthique permettant un comportement aidant à mettre en place les changements requis. Une bonne éthique nous aidera aussi à rester la tête claire face à nos objectifs, et ouvrira la porte à des niveaux toujours plus profonds d’expérience. De plus, il est évident de suggérer que plus l’on est préparé à passer par n’importe lequel des états spirituels pouvant se présenter, plus les progrès seront bénéfiques.

Pour moi, j’ai trouvé que l’entrainement à la méditation Tibétaine bouddhique est un ajout d’une grande valeur pour l’exploration psychédélique. En apprenant a tenir mon esprit vide, je suis devenu conscient que d’autres niveaux de réalité se manifestent plus facilement. Ce n’était que dans un état d’immobilité/imperturbabilité [stillness] accompagné d’une grande qualité d’écoute, que de subtiles mais extrêmement importantes nuances de la réalité se sont manifestées. En réussissant cela a une certaine échelle dans ma pratique quotidienne, j’ai trouvé que ces effets étaient grandement développés lors de l’usage d’un psychédélique. Cela s’est traduit par une méditation quotidienne intensifiée.

PSYCHEDELICS AS « WAY-SHOWERS » [pas de trad. trouvée]

Le rôle des psychédéliques est souvent mal compris. Beaucoup sentent qu’en ayant une expérience magnifique, ils ont alors les réponses et sont ainsi changés. Et c’est sûr qu’ils le sont d’une certaine manière. Mais les usagers sous estiment souvent les murs du conditionnement et de l’ignorance séparant la surface de l’esprit du cœur de notre être [our being]. C’est une grâce que les psychédéliques puissent mettre de côté ces barrières et donner accès à notre vrai être. Mais si le sujet ne s’engage pas à effectuer les changements indiqués, les vieilles habitudes de la personnalité peuvent rapidement se rétablir elles-mêmes.

A ce point, beaucoup pensent que répéter l’expérience pourra maintenir cet état exalté [afterglow]. Cela peut être possible, mais la plupart des vrais changements nécessitent un travail difficile et des grands efforts. Malheureusement, ce n’est pas souvent clair pendant l’expérience, qui ne fait que pointer le chemin à parcourir en montrant ce qui est possible. Si nous aimons ce que nous voyons, c’est alors a nous de faire les changements indiqués.

Il existe une période de grâce suivant chaque profonde expérience psychédélique, et cette période permet de faire des changements rapides. A ce moment, le sujet est empli de la beauté et du pouvoir de ces nouvelles informations. De plus (et c’est là qu’une recherche serai très intéressante), l’expérience libère une grande quantité de symptômes physiologiques et de défenses psychiques qui sont liées à nos névroses. Cette renaissance est très distincte après une expérience psychédélique intense, quand, sans le poids de nos anciennes habitudes, le comportement peut être plus facilement changé.
D’un autre côté, si vous ne faites aucun effort pour changer, les vieilles habitudes reviennent rapidement, et vous vous trouvez alors revenu au point de départ. En fait, vous pouvez même vous retrouver pire qu’avant, car vous savez que les choses peuvent être dramatiquement meilleures et vous êtes déprimé de vous voir encore lutter avec les même comportements. 

Un autre facteur rend le processus encore plus inconfortable. Une grande quantité d’énergie ayant été accaparée par un matériel psychique refoulé est alors libérée. Cette énergie pourrai être utilisée avec de grands bénéfices pour agrandir les frontières de votre être aux nouvelles dimensions que vous avez expérimenté. Mais si vous retournez à vos anciens comportements néfastes, nous avez encore plus d’énergie pour les renforcer, rendant la vie d’autant plus difficile. Pour ces raisons, les expériences psychédéliques ne doivent pas être prises à la légère, mais avec une intention sérieuse et pure.

DEALING WITH THE SHADOW

Comme Jung l’as indiqué, les Ombres [the Shadow] contiennent tout le matériel psychique que nous avons refoulé pour nous cacher de nous-même. Malheureusement, cet espace contient aussi beaucoup de notre énergie, et tant qu’il reste inconscient, cela exerce une influence profonde sur notre comportement sans même que nous nous en rendions compte. De plus, notre matériel refoulé [shadow material] est responsable de la plupart des difficultés de l’homme dans le monde. Nous projetons notre Ombre sur les autres, en croyant que les autres sont la source de nos difficultés, et nous cherchons à nous réfugier d’eux plutôt que d’assumer notre responsabilité. Par conséquent, nous devons résoudre notre partie d’Ombre si nous voulons nous développer. Si cela était accomplis de façon générale dans le monde entier, ce serai d’un bénéfice majeur. 

Jung décrit le développement humain comme le processus de « prendre conscience de l’inconscient. ». Les psychédéliques, particulièrement à doses faibles, peuvent être des outils extrêmement utiles pour aider ce procédé. La plupart de mes expériences sont avec les phénethylamines, car elles sont restées légales plus longtemps que le LSD, la mescaline ou la psilocybine. Une dose entière de 2C-T-2 ou de 2C-T-7 serai d’environ 20mg, une dose légère sera de 10 à 12mg, équivalent à environ 25 à 50µg de LSD.

Le guide infaillible pour atteindre le matériel refoulé sont nos sensations inconfortables. Beaucoup n’aiment pas les doses légères car ces sensations désagréables remontent à la surface. Plutôt que de les accepter, ils utilisent des grosses doses pour les transcender. Mais ces sensations désagréables sont précisément ce que nous devons résoudre pour nous libérer, gagner force et énergie, et fonctionner de façon plus confortable avec notre environnement. En utilisant de petites doses, et en forçant notre volonté à se concentrer pleinement sur n’importe lequel des sensations qui s’élèvent et respirer à travers eux, nous expérimenteront alors leur dissolution, s’accompagnant souvent d’une grande compréhension de nos dynamiques personnelles. La libération de ces matériels permet une expansion de l’attention et de l’énergie. Si nous travaillons diligemment pour nettoyer ces aires réprimées, nous pouvons entrer dans le même état sublime que peut procurer les doses fortes, avec un avantage indéniable. Comme nous avons résolu ces sentiments inconfortables, nous sommes alors dans une bien meilleure position pour maintenir un état de grande clarté et un meilleur fonctionnement dans la vie de tous les jours.

Je voudrais aussi ajouter quelque mots a propos de la fréquence d’utilisation : Les variations individuelles sont très importantes à ce sujet. Certains peuvent être satisfait d’une expérience très intense pour le restant de leur jour. D’autres voudront retenter l’expérience une ou deux fois par ans. D’autres encore sont intéressés par des prises régulières pour repousser encore et encore leur niveau de connaissance. Sans prendre compte de la fréquence, il est avisé d’être sûr d’avoir pleinement intégré l’expérience précédente avant d’embarquer pour la prochaine. Dans les premiers contacts psychédéliques, lorsqu’il y a une profusion de nouveau matériel, le processus d’intégration peut prendre plusieurs mois. Au contraire, pour un utilisateur plus expérimenté, cette période peut se réduire et l’intervalle entre chaque prise peut être diminué. 

Beaucoup de personnes arrêtent les psychédéliques lorsqu’elles sentent qu’elles ont appris ce qu’elles voulaient. Mais souvent des personnes font face à un matériel psychique douloureux et profondément enfouis, dans une zone très protégée de leur psyché, ce qui les force à arrêter. Le problème, c’est que ce matériel révélé est souvent plus profond que le matériel psychique personnel. Quelqu’un ne peut atteindre une entière prise de conscience sans l’attention, non simplement de notre propre douleur, mais aussi de celle de l’ensemble de l’humanité. Cela peut être l’explication de l’existence de « la nuit noire de l’âme » [dark night of the soul] qui est la barrière finale séparant de l’union mystique décrite par Evelyne Underhill dans son livre Mysticism. Comme nous ne sommes qu’un, nous devons non seulement nous confronter a notre propre Ombre, mais aussi à celle de l’humanité entière. Nous pouvons l’accepter plus facilement une fois que nous avons découvert tout l’amour qui est disponible pour dissoudre tous les « matériaux de l’Ombre » [shadow material].

LIBÉRER LES AIRES RÉPRIMÉES 

Les psychédéliques peuvent aider d’une autre façon le chercheur sérieux. Il arrive souvent que ceux qui poursuivent une pratique spirituelle rigoureuse accèdent à des états élevés de conscience en écartant ou en condamnant certains aspects de leur comportement. Avec une utilisation honnête, les psychédéliques ne permettrons pas à ces aires de rester condamnées, mais au contraire aideront à les amener à la surface. Le sujet peut alors expérimenter la grande libération qu’est être en accord avec tous les aspects de son être. La joie et l’exaltation d’être totalement vivant vient seulement d’avoir un accès total a tous ses sentiments.

LE PSYCHONAUT ENTRAINÉ 

Il apparait qu’il existe une loi cosmique énonçant qu’en donnant une complète attention à un objet, une image, ou une idée, avec une constance, une patience et une acceptation totale permettra à ses différents attributs de se dévoiler. Les psychédéliques accélèrent grandement ce processus. Pour opérer de la façon la plus efficace, l’observateur devra avoir développé la capacité de tenir son esprit calme, permettant ainsi d’observer le processus entier observé se développer. Les grosses doses sont tellement puissantes qu’il est extrêmement difficile de laisser son esprit reposé. Par conséquent, les meilleurs résultats sont dévolus aux « utilisateurs expérimentés » - une personne qui a appris à gérer de grosses doses de psychédéliques, ou qui as appris à tenir son esprit assez calme pour pouvoir observer son processus intérieur de façon totale. Plus l’usager nettoie son « environnement intérieur » [inner stuff], plus il gagne en liberté pour diriger son expérience. A ce niveau, les doses fortes peuvent être profitables pour pénétrer au plus profond de la nature de la réalité.

Il est intéressant de noter que ce concept « d’usager entrainé » n’apparait pas dans la littérature. Mais c’est l’utilisateur entrainé qui peut profiter le plus pleinement des avantages des plus profondes sagesses et de compréhension contenues dans les frontières lointaines de l’esprit. Il semble n’y avoir aucune limite aux dimensions de la compréhension pouvant être expérimentées directement par l’explorateur [le psychonaut si j’ose le placer, d’ailleurs peut être devrai-je remplacer tous les « sujets » ou les « utilisateur » que j’ai utilisé par le terme « psychonaut » que je trouve bien plus adapté] qui a le courage, l’intégrité et la compétence de naviguer a travers elles. Avec intégrité toujours, et avec l’aide d’amis et d’une discipline appropriée, le psychonaut peut rapporter une grande quantité de sagesse pour l’amélioration de lui-même et de l’humanité.

Est-ce que les psychédéliques sont nécessaires? Est-ce que ces explorations peuvent être conduites par ceux qui ont maitrisé la méditation sans l’aide de ces substances ? Aucun doute là-dessus, ils le peuvent. Avec un investissement énorme de temps et d’effort. Mais c’est très incertain que beaucoup d’autres occidentaux veuillent donner un tel engagement. Pour les occidentaux, ceux dont la pratique spirituelle doit être intégrée à une vie ou ils doivent gagner de quoi vivre, l’usage réfléchis des psychédéliques peut considérablement accélérer le processus. Cependant, ce n’est pas un chemin pour n’importe qui. Les choix de suivre ou non une telle voie doivent être basé sur la connaissance totale de tous les facteurs en jeu.

Les psychédéliques ne sont pas un raccourcis, car il n’est pas de grande valeur d’éviter les expériences importantes. Si l’illumination requiert la résolution du matériel inconscient (et mon expérience personnelle l’indique) ; ceux qui aspirent à un tel accomplissement doivent considérer avec précaution le rythme et l’intensité à laquelle ils veulent faire face à cette vaste gamme de dynamiques/ Le sentier des psychédéliques, étant bien plus intense que n’importe laquelle des autres disciplines spirituelles, est en un sens plus facile car il donne souvent et de façon plus rapide un profond contact avec le lumineux. Un tel contact inspire un réel engagement, et ouvre les portes d’une plus grande paix pour surmonter les matériaux inconfortables.

Si notre engagement est vraiment dirigé vers le bonheur et la paix de tous les êtres, alors il est raisonnable d’étudier tous les outils permettant d’accéder à ces fins. Les psychédéliques, utilisés avec grande motivation, compétence, et intégrité, peuvent contribuer énormément à diminuer la souffrance en donnant accès à la sagesse et à la compassion pour un développement spirituel.

L’auteur a travaillé pendant de nombreuses années dans le champ de la recherche psychédélique. Entre 1960 et 1970, il dirigea « The International Foundation for Advanced Study », un groupe de recherche clinique étudiant les effets de la mescaline et du LSD.

Suggested Reading
[1] Adamson, S. Through the Gateway of the Heart. San Francisco: Four Trees Publications,
1985.
[2] Blumenthal,Michael. LSD at Mid-Life, in New Age Journal, May/June 1992, pp.
81-83, 142-47.
[3] Eisner, Bruce.Ecstasy: The MDMA Story. Berkeley, CA.: Ronin Publishing, 1989.
[4] Grof, Stanislav. LSD Psychotherapy. Pomona, Calif.: Hunter House, 1980.
[5] R¨atsch, C., ed. Gateway to Inner Space. Bridport, Devonshire: Prism Press, 1989.
See especially the chapter Purification, Death, and Rebirth by Tom Pinkson.
[6] Shulgin, Ann and Alexander. PIHKAL: A Chemical Love Story. Berkeley, Calif.:
Transform Press, 1991.
[7] Underhill, Evelyn. Mysticism. New York: E.P Dutton, 1961.
[8] Weil, Andrew. The Natural Mind. Boston: Houghton Mifflin, 1972.
Note: Subscriptions and backissues of GNOSIS magazine can be purchased from:
GNOSIS P.O. Box 14217 San Francisco, CA 94114

6 avril 2012
21:13
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Noé
Ribeauvillé
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Très intéressant ! 

Ni dieu, ni maitre
13 février 2016
20:37
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Vincent
Illhaeusern
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sp_UserOfflineSmall Offline

Le cinéma et les drogues. Pas sans préjugés bien sûr, mais ça reste des visions intéressantes.

16 février 2016
17:34
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Alexandre
Kaysersberg
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29 août 2011
sp_UserOfflineSmall Offline

Très bon document, merci ! Haha et Charlot sous cocaïne, excellent ! Une telle analyse sur un grand nombre de films est un superbe moyen d'investiguer la représentation collective.

Une autre méthode très simple à utiliser est celle de google image, en un clic on accède à des images de la forme que prennent certaines drogues (cannabis, cocaïne, héroïne, MDMA, pas de cigarette, pas d'alcool, pas de médicaments) et parmi ça on trouve quelques déchets humains comme épouvantails.

On remarque que ces deux sources apportent un angle différent finalement sur la représentation collective des drogues.

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