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La Monnaie
10 septembre 2014
14:05
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Alexandre
Kaysersberg
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29 août 2011
sp_UserOfflineSmall Offline

Salut,

 

Une remarque, ou reformulation d'une idée déjà présente :

En fait ce qu'il faut dépasser, diviser dans le système monétaire, c'est une vision de la monnaie comme valeur absolument quantitative. C'est la dualité quantité/qualité qui cherchait à s'exprimer.

Je me suis déjà demander en m'achetant un truc "tiens quel argent utilise-je ? celui gagné cet été, ou l'été dernier, ou une bourse ?". Aucun moyen de savoir, ça n'a même pas de sens en fait puisqu'une entrée d'argent dans mon porte-feuille ou mon compte en banque fusionne les quantités et détruits les qualités...

Adoptons maintenant la perspective souhaitée : où est la qualité dans les valeurs monétaires ?

Dans l'euro en lui-même, il faut la chercher à une échelle mondiale, c'est l'Europe, sa qualité économique face à l'international, et à l'échelle subcontinentale la communication et les échanges entre nations européennes.

Par exemple pour l'or et l'argent, il y a dans la qualité de ces valeurs un aspect traditionnel et un besoin industriel mondial, donc là encore on se place dans les hautes échelles sociales, mais à une échelle plus basse, de l'individu à la communauté...bah un lingot ça peut servir à caler une porte...?

Après la qualité viens dans l'organisation des échanges monétaires, le basique : je paie....pour acheter tel produit chez tel producteur et pas un autre. Mais aussi dans la mise en place des budgets, qui dessine dans l'agglomérat quantitatif des valeurs pêles-mêles, une structure.

Les flux de quantités sont indissociables des mouvements qualitatifs.

Enfin bon...de quoi reconsidérer la traditionnelle enveloppe offerte lors des fêtes..."pour te faire plaisir".

17 septembre 2014
15:51
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Noé
Ribeauvillé
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25 août 2011
sp_UserOfflineSmall Offline

Je rebondis sur ce que tu dis pour placer quelques idées. J'ai eu un cours sur la monnaie l'année dernière, c'était assez complexe, surtout depuis que l'on est passé dans une monnaie de crédit (crédit à la consommation, crédit à l'investissement) qui implique une création de monnaie à chaque fois qu'un emprunt est réalisé à la banque, et la destruction de cette même monnaie lorsque l'argent est rendu (tout ça pour dire que la planche à billet ne créé pas des billets ex-nihilo, mais uniquement dans le cas d'un emprunt).

On oppose généralement deux types de monnaie, la monnaie moderne et les paléo-monnaies des sociétés primitives, opposées en bien des dimensions. Dans les sociétés primitives, la monnaie est justement compartimentée, qualitative, chargée symboliquement, voire une marque du sacré : c'est l'aura d'un individu qui est témoigné par la quantité de monnaie qu'il possède, et non la quantité de monnaie qu'il possède qui lui donne une aura. Pour certaines tribus, la pièce de monnaie conserve les traces de chacun des usagers qui l'a possédé. Les circuits sont hétérogènes et compartimentés, jusqu'à plus de 200 monnaies différentes pour une tribu, chacune réservée à un bien particulier. Quand on m'offre de l'argent j'aime bien demandé à la personne pour quel usage il est prévu, loisirs, études, épargne, etc. Malheureusement, difficile de le dicerner une fois dans le porte-monnaie, c'est pourquoi je tiens un compte parallèle. Evidemment ce n'est plus exactement la même somme d'argent que j'utilise, mais ça correspond en quantité. L'avantage en tout cas de la monnaie quantitative c'est qu'elle rend commensurable des marchandises qui à la base ne le sont pas, cad que ça résout le problème de la double coïncidence des besoins auquel est confronté le troc (j'ai un chameau, je veux des ananas, mais l'autre ne veut pas de chameau à ce moment). Finalement tu voudrais faire une discrimination qualitative des monnaies selon l'intention de celui qui te l'offre ? 

La question que tu poses du coup c'est la valeur de la monnaie si j'ai bien compris ? La question est très délicate. La monnaie a en effet cours légal sur un territoire, cad qu'en France, une boutique ne peut pas refuser qu'on lui paye en euros, cad que la monnaie s'appuie sur la souveraineté de l'état qui l'émet. Ça fonctionne comme ça généralement d'ailleurs : l'état émet une monnaie sur un territoire, grâce à laquelle il peut collecter un impôt par la suite, ce qui assoit sa souveraineté. D'ailleurs l'Union européenne a tenté le processus inverse : créer une communauté monétaire dans l'espoir qu'elle engendre une communauté politique, alors qu'on a toujours observé l'inverse. 

Depuis qu'il n'y a plus l'ancrage métallique des monnaies (suppression définitive de l'étalon-or en 1972 lors du système monétaire européen, ou alors c'était après la 2GM...), difficile de croire que la valeur de la monnaie repose encore sur sa valeur intrinsèque en or (propriétés particulières de l'or : facilement stockable, une grande quantité de valeur dans une petite quantité métallique, etc). Le problème de la monnaie, c'est que c'est un non-sens à l'échelle de l'individu, elle ne prend son sens que socialement en tant qu'elle circule entre les agents et permet les échanges, la vivification du lien social, la circulation des marchandises. 

Quant-à l'enveloppe de fête, il faut toujours avoir en tête qu'un don est une dette cachée, car elle créé un engagement entre toi et le donneur : il faudra un jour que tu fasses le contre-don, même si cela apparaitra comme un nouveau don. Pas une mauvaise chose nécessairement, au contraire, c'est le fondement du lien social, les engagements réciproques ! 

Les questions clefs sur la monnaie ?

--> Quelle est la valeur de la monnaie ? Indépendamment des prix, en tant qu'elle n'est plus liée à un étalon métallique, qu'elle ne fait plus sens individuellement, qu'elle est créée avec grande facilité, qu'on connait des crises d'inflation et de déflation qui détruise la société (ce qui montre bien que la monnaie n'est pas simplement de l'huile dans les rouages). Le lien à la confiance entre les agents, la vitesse de circulation (déflation si nulle, inflation si infinie), le lien social, etc.

--> L'avenir des monnaies virtuelles, le bitcoin, les réseaux cryptés, l'indépendance politique, la transparence, etc.

--> Continuité ou discontinuité avec les monnaies archaïques ? cad est-ce qu'on pourrait retrouvé une monnaie compartimentée et purement qualitative et symbolique ? 

En tout cas le bitcoin est un super sujet.

(je suis un peu fatigué, j'ai du mal à me concentrer, j'y reviendrai plus tard).

Ni dieu, ni maitre
7 octobre 2014
19:19
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Noé
Ribeauvillé
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25 août 2011
sp_UserOfflineSmall Offline

LA FIN DU MONDE EST PROCHE !!!!

 

http://www.lemonde.fr/pixels/a.....08996.html

 

Quelques questions rapides : 

- Si on observait maintenant la diversification qualitative des monnaies (notamment par le canal des crypto-monnaies) que l'on espérait dans les précédents posts, après un passage à dur pur quantitatif ? 

- Qui va supporter les fonctions traditionnelles de la monnaie ? Est-ce que transparence = confiance ? Moi je ne crois pas. Au contraire, plus c'est immédiat, transparent, sécurisé, moins il n'y a de confiance. La confiance, ça peut être prêté son logement pour 2 mois sans garantie, c'est un processus de dette. Pour qu'il y ait confiance, et donc dette, il faut donc un écart temporel qui créé une plus-value entre le moment du don et du contre-don. Si tout est immédiat, où est le lien social, où est le don ?

- Peut-être que l'ère du lien social est révolu, si on arrive à la formation d'un organisme société autonome et indépendant, le lien n'est plus la question, c'est plus que de l'information qui circule. Enfin il reste nos consciences individuelles et la perte de sens que ça entraine. Et si la conscience sociale s'était internet, d'où pas de perte de sens ? 

- La définition du déterminisme absolu selon Laplace c'est :- « Nous devons donc envisager l'état présent de l'Univers COMME l'effet de son état antérieur, et comme la cause de celui qui va suivre. Une intelligence qui, pour un instant donné, connaîtrait toutes les forces dont la nature est animée, et la situation respective des êtres qui la composent, si d'ailleurs elle était assez vaste pour soumettre ces données à l'analyse, embrasserait dans la même formule les mouvements des plus grands corps de l'Univers et ceux du plus léger atome. Rien ne serait incertain pour elle, et l'avenir, comme le passé, serait présent à ses yeux ». Est-ce que les systèmes de bloc chain ne sont pas en train de fournir LA PUISSANCE DE CALCUL (chaque usager prête la puissance de calcul de son ordinateur). On avait trop de données, maintenant c'est la PUISSANCE DE TRAITEMENT qui compte, pour se rapporcher d'un déterminisme quasi-divin, très stable tout ça, causalement prédictible, peu de pertes d'énergie etc.

- Quelle est la valeur de la monnaie quand c'est rapporté à des crypto-monnaies ? Si c'est plus le lien social, si c'est plus la confiance, si c'est plus le métal or, c'est quoi ? En plus, chaque crypto-monnaie, comme le bitcoin, est censé être plafonnée pour éviter l'inflation (si on créé trop de monnaie qui innonde le marché, la valeur de la monnaie baisse, car moins rare, offre plus importante), et surtout l'hyperinflation (asphyxie des rentiers, destructions sociales, etc). Mais si on se met à créer 15 crypto-monnaies ? On aura tous un porte-feuille électronique avec 15 compartiments monétaires différents ?

- A relier avec le passage sur le RHIZOME dans Mille-Plateau de deleuze (disponible sur internet). Un parallèle avec la biologie pour Vincent, mais c'est très hard (regarder wikipedia peut-être). 

La monnaie sert aussi à asseoir un pouvoir politique, à le légitimer par l'impôt cf Euro, etc. Qui légitime quoi avec le bitcoin, fin du pouvoir politique ? 

A QUOI MÈNE LA DÉCENTRALISATION ? 

Une étape dans le processus de composition vers Dieu, mais si ça sépare de la nature, on fait quoi ? 

Ni dieu, ni maitre
7 octobre 2014
23:14
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Alexandre
Kaysersberg
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29 août 2011
sp_UserOfflineSmall Offline

Si on observait maintenant la diversification qualitative des monnaies ?

Oui peut-être, bien que ce soit encore loin des distinctions qualitatives / couleurs imaginées auparavant (alimentation, loisir, santé). Mais les crypto-monnaies pourraient être aussi une poursuite de cet a priori de la monnaie purement quantitative et monolithique (comme elle est vécue avant l'ère informatique), mais à un niveau global et amélioré (détaché de toute manipulation par un pouvoir central, ainsi que de tout support matériel, donc une virtualité/convention totalement assumée).

Après dans la pratique, nous n'utilisons pas encore couramment ces crypto-monnaies, donc il y a bien une diversification qualitative. La SOL est utilisable par les habitants de Toulouse, l'Euro par les Européens...et les crypto-monnaies par tous les humains connectés ; l'échelle de son adhérence dans la population est déjà une touche qualitative.

Peut-être que dans quelques années, si les différentes crypto-monnaies s'enracines et coexistent, elles auront probablement des saveurs différentes, en lien avec le domaine de leur adhérence.

Pour accrocher cette idée de don / contre-don, ça sonne pour moi comme une nécessité de circularité/circulation/feedback dans les échanges. Le concept semble se placer entre deux individus (et symboliser concrètement ce qu'on pourrait appeler sensiblement amour dépendance, comme une phase du lien social), c'est un peu le cercle minimal (bien qu'il y ait aussi le don de Soi en Soi pour Soi, un peu transcendant, "aide toi et Dieu t'aidera") mais les cycles peuvent être plus larges, comme avec une monnaie locale où la courbure englobe toute une ville, voire avec des crypto-monnaies où la relation circulaire est à peine perceptible, le lien social est peu vécu (car diluer entre beaucoup de monde), mais prend sens dans l'unité résultante du réseau d'échange d'informations.

- Peut-être que l'ère du lien social est révolu, si on arrive à la formation d'un organisme société autonome et indépendant, le lien n'est plus la question, c'est plus que de l'information qui circule. 

Donc finalement je crois que c'est juste une phase coexistante de la société, la sphère plus volatile de l'information, mais indissociable d'un lien social sous-jacent plus concret.

Comme tu le dis, la valeur de ces crypto-monnaies résident dans cette puissance de calcul / de traitement, et dans la circulation de l'information, donc dans la constante actualisation de l'unité de la société humaine via l'informatique.

Par contre je n'ai pas bien compris le lien avec le déterminisme. Est-ce l'idée que la mise en place d'un tout informationnel pourrait faire naître une intelligence quasi omnisciente ? Omniscience qui réaliserait le vieux fantasme laplacien...?

En tout cas j'ai vraiment l'impression qu'internet forme le système nerveux en pleine croissance de cette phase méta-organique qu'est la Technologie, réalisant peut-être l'unité du corps humanité dans une vision un peu anthropocentrée (alors qu'on se trouve en fait tout autant pris dans cette tempête technologique qui vit à travers nous). Et cet organisme global se nourrit selon moi de la décentralisation de toutes sortes de fonctions traditionnellement liées à des échelles plus humaines.

 

Je serais bien intéressé par un développement de ce que tu relies au concept de Rhizome. J'ai lu l'article wiki, mais pas le texte de Deleuze que tu nous avait passé il y a quelques temps. Fidèle au concept clé d'anarchie (pas de hiérarchie), l'agencement linéaire et vertical prend forme pour moi dans la réalité des chakras et leur portée symbolique (présent dans tout le commentaire ci-dessus). Le domaine du rhizome est celui de l'horizontalité (conscient, actif, bourgeonnant par devant ; lourd d'une histoire et de vécu à l'arrière ; pouvant choisir l'alternative de bourgeonner/brancher à nouveau à droite ou à gauche...). Il a bien sûr une existence dans la verticalité (polarité dans le lien au ciel et à la terre), mais elle est uniquement fonctionnelle, et son principe appartient à l'horizontalité.

Une étape dans le processus de composition vers Dieu, mais si ça sépare de la nature, on fait quoi ? 

Si la construction de cet édifice socio-technologique est un cheminement vers l'Unité (de l'humain, pour ne pas dire vers le divin), alors nous sommes (nous, corps animal) le point de contact avec la nature, le lien avec le règne animal, la biodiversité. Il pourrait y avoir des phénomènes émergents indépendants de la nature dans cette phase, ils nous dépasseraient simplement.

Ça peut mener à se poser la question suivante : est-ce que les humains ne perdraient pas ainsi leur conscience, qui glisserait vers ce niveau d'organisation, les rendant uniquement structurel (comme les atomes ou les cellules sont pour nous individus) ? C'est peut-être le prix du Salut, d'une harmonie retrouvée...? Mais je ne pense pas que ce soit une bonne conception de la conscience, qui est selon moi à tous les niveaux (donc à ce niveau global mais lié à un vécu différent du nôtre et de notre conscience, bien qu'ils se reflètent de toute façon de manière fractale). 

2 juillet 2016
20:19
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Alexandre
Kaysersberg
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29 août 2011
sp_UserOfflineSmall Offline

Voici une analyse superficielle du fonctionnement du Bitcoin pour illustrer la structure d'une monnaie.

La création de cette crypto-monnaie sur un code source portant le concept et utilisé aujourd'hui par de nombreux logiciels différents. Ce concept consiste en l'organisation et la garantie de la confiance dans les transactions effectuées avec des bitcoins.

Une caractéristique de cette gestion de la confiance est sa totale décentralisation à travers des nœuds du réseau (P2P), c'est-à-dire des adresses IP d'utilisateurs de logiciels bitcoin connectés. Ceux-ci échangent des informations relatives aux transactions et aux nouveaux nœuds. Chaque nœud dispose d'un historique complet, depuis la création, de toutes les transactions effectuées en bitcoins, et constamment mise à jour. C'est l'objet clé du bitcoin, la blockchain, une chaîne de blocs d'information qui sert de référence unique à toute nouvelle transaction. On peut voir ça un peu comme la même ADN-blockchain présente dans toutes les cellules-nœuds, à la différence près qu'elle croît dans le temps.

On différencie alors deux types d'acteurs, ceux qui utilisent la blockchain pour effectuer des transactions, simples utilisateurs de la crypto-monnaie, et ceux qui garantissent son intégrité et sa mise à jour, les miners.

L'utilisateur a un compte Bitcoin qui consiste en un ou plusieurs nombres générés aléatoirement. L'unicité d'un tel nombre est garantie par l'infime probabilité qu'il soit généré deux fois. Ce sont les clés privées, qui comme leur nom l'indique doivent être accessibles uniquement par l'utilisateur. C'est à cette propriété exclusive que tient celle des bitcoins associés. Ils sont plus précisément associé à une adresse, qui est en fait la clé publique associée à une clé privé et permet de recevoir des bitcoins. C'est ici qu'entre en jeu la cryptographie, application mathématique basée sur l'arithmétique et la géométrie : la clé publique est calculée très facilement à partir de la clé privée, mais le contraire est extrêmement difficile. Cette asymétrie mathématique est la base de la légitimité de la propriété.

Difficile de se représenter à quoi correspond les bitcoins dans tout ça n'est-ce pas ? Pour l'utilisateur c'est simplement le montant affiché dans son porte-monnaie logiciel, qui contient les clés privées et adresses associées et cherche dans la blockchain toutes les transactions valides vers et depuis ces adresses. Le bilan est leur compte en bitcoins. Une transaction est formée d'un montant en bitcoins, d'une adresse de départ et d'une adresse d'arrivée, ainsi qu'une petite somme, libre, qui sera reversée aux mineurs. Avant d'être transmise au réseau, elle doit être signée (comporter la preuve cryptographique que le propriétaire est légitime), et les adresses associées doivent être créditée.

Mais ce n'est pas suffisant pour la valider : si la blockchain de l'utilisateur n'est pas à jour, il se peut que le porte-feuille n'indique pas le bon compte, et que la valeur soit en fait déjà dépensée. C'est là qu'entrent en jeu les mineurs : ceux-ci vérifient et trient les nouvelles transactions à l'aide d'un logiciel spécifique, récupèrent leurs informations ainsi que l'identifiant du dernier bloc et tentent de les rassembler dans un nouveau bloc. Seulement, la blockchain doit rester cohérente, c'est-à-dire croître de manière identique dans tous les nœuds du réseau. Pour cela, la création d'un nouveau bloc ne doit pas être trop facile pour que chaque nouveau bloc ait le temps de se propager dans le réseau avant le suivant.

La difficulté est placée sur l'identifiant de chaque bloc, ou hash : une petite chaîne de caractères calculée par une fonction de hachage à partir de l'information du bloc, dont on ne peut pas obtenir le bloc mais que la moindre modification change totalement. Ainsi, on ne peut pas substituer un faux bloc sans substituer aussi tous les blocs suivants (car son identifiant/hash, contenu dans le bloc suivant, serait alors totalement différent) ; d'autre part, une contrainte sur le hash d'un nouveau bloc rend difficile la production du bloc convenable (car celui-ci est imprévisible et seule la force brute de calcul permet d'en trouver un bon). La difficulté (ou taux de hachage, mesurée en nombre moyen de calcul de la fonction de hachage pour obtenir la solution à l'énigme) augmente à mesure que la puissance de calcul du réseau entier de mineurs augmente. Finalement, le premier bloc avec le bon hash est validé puis diffusé dans le réseau car son mineur, qui sera rétribué, a fourni une preuve de travail suffisante.

Dernier petit détail : si deux blocs différents sont produits quasi-simultannément, la blokchain se dédouble et perd donc sa cohérence. Les mineurs produisent alors le bloc suivant sur la blockchain la plus lourde qui se trouve ainsi sélectionnée. Ainsi chaque bloc pèse un certain poids — celui de la puissance de calcul de tous les mineurs dépensée pour le produire — de telle sorte qu'il faudrait fournir le travail de tous les blocs à partir de celui que l'on voudrait falsifier pour parvenir à modifier la blockchain. Cela est matériellement impossible à l'échelle des particuliers, pas à l'échelle d'un état.

Comment sont créés les bitcoins dans tout ça ? Ils sont injectés dans le réseau à chaque nouveau bloc : le mineur l'ayant produit reçoit des nouveaux bitcoins, ainsi que les frais associés aux transactions enregistrées dans le bloc. En pratique, un mineur fait partie d'une coopérative qui redistribue ces sommes au prorata de la puissance de calcul fournie par tous ses participants. La valeur de la crypto-monnaie est ainsi basée sur la preuve de travail, c'est-à-dire la puissance de calcul du réseau de mineurs.

 

A suivre

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